En premier lieu parce que le gouvernement qui prend en main les rênes de la France obtient d'excellents résultats tant dans le domaine écologique que sociétal ou économique. La répression contre les délinquants écologiques est certes redoutable mais ceux qui en sont victimes apparaissent presque tous comme d'infâmes crapules qui méritent leur châtiment. Dans ces conditions on ne sait plus trop si l'on doit s'effrayer ou se réjouir de l'avènement de cette dictature verte.
En second lieu parce que le retour en arrière induit par les restrictions sur l'usage des technologies polluantes semble plutôt pas trop mal vécu par leurs personnages. Ainsi de sa famille de français moyens contraints de s'exiler sur le plateau de l'Aubrac. Passé la stupeur des premiers moments et un voyage qui ressemble à l'exode de la seconde guerre mondiale, nos bobos parisiens ont vite fait de d'adapter au mode de vie de leurs grands-parents. Madame joue les bergères, Monsieur est ravi de se retrouver dans la peau du chasseur-cueilleur qui nourrit sa famille et les enfants ne regrettent pas longtemps leur smartphone ou leur tablette. Quant aux relations avec les autochtones, elles sont étonnamment cordiales si l'on excepte les sombres menées d'un infâme calotin.
Ceci étant, "AIR" est un roman qui se lit très bien. Pas de temps mort, quelques bons personnages, un peu d'action, du suspens et quelques jolies réflexions sur l'environnement, les savoirs ancestraux, le partage...
Pocket - 2022
