Denoël - Présence du Futur - 1983
LA MORT DE LA TERRE - J. H. ROSNY AINE
LES ENFANTS DE L'HIVER - MICHAEL CONEY
"Les enfants de l'hiver" est un roman de SF classique qui met en scène un groupe d'individus confrontés à une nouvelle période glaciaire. Pas vraiment d'intrigue dans ce livre, pas de grand secret ou de vengeance à long terme, pas de quête ou de lutte manichéenne. Juste le récit quasi journalier de leurs efforts pour survivre dans des conditions extrêmes.
Et ils ont effectivement de quoi faire. Leur environnement recèle bien des dangers, à commencer par le froid, la glace et la neige. L'omniprésence de ces éléments est parfaitement rendue et l'on est saisi par cet univers uniformément blanc, par les grandes solitudes enneigées ou l'étouffement des galeries souterraines sombres et gelées. Il y a aussi les Pads, ces ours polaires hyper agressifs qui constituent la principale source de viande fraîche, et les "mangeurs de chair" un clan puissant et bien organisé pour qui la chair humaine est aussi bonne que celles des Pads et surtout moins difficile à chasser.
Albin Michel - Super Fiction - 1976
LA TERRE ENDORMIE - ARCADIUS
CELL - STEPHEN KING
LES FURIES - KEITH ROBERTS
Voici un bel exemple de roman catastrophe tel que les britanniques s’en sont fait une spécialité. Ici, Keith Roberts a la main lourde puisque ce sont deux calamités qui s’abattent sur ces concitoyens : une catastrophe naturelle (encore qu’un peu aidée par l’homme) et une invasion extra-terrestre. Un schéma qui n’est pas sans rappeler « La révolte des Triffides » de John Wyndham, dans lequel les hommes étaient confrontés à un aveuglement général de la population et à une invasion extra-terrestre. C’est d’ailleurs cette conjonction des catastrophes qui explique dans l’un et l’autre cas, la rapidité avec laquelle la société s’effondre et se retrouve à la merci de ses assaillants. Mais la comparaison s’arrête là car, si Wyndham s’attache très vite à nous décrire la façon dont les survivants se réorganisent et entament une lente reconstruction de leur monde, « Les furies » est davantage le récit d’une lutte.
Ce côté « roman de guerre » est d’ailleurs particulièrement sensible dans la seconde moitié du livre où il est question de camps de prisonniers, de maquisards et de coups de mains. J’ai beaucoup moins apprécié cette partie et l’aurait même trouvée bien terne n’eut été la richesse psychologique des personnages. Keith Roberts nous fait parfaitement ressentir l’état d’esprit qui les anime et les différentes phases par lesquelles ils passent. L’espoir né de leur évasion, l’euphorie des premières victoires, la tristesse liée à la mort d’un camarade ou l’accablement face à l’ampleur de la tâche à accomplir, tout cela est décrit avec beaucoup de justesse et de sobriété. Et comme l’auteur a une jolie plume, cela donne lieu à de fort jolies pages qui compensent largement la faiblesse du dénouement.
Librairie des Champs-Elysées - Le Masque Science-Fiction - 1979
LA MORT DU FER - SERGE SIMON HELD
Pourtant, l'idée d'une maladie d'origine inconnue qui rendrait le fer impropre à toute utilisation est tout à fait saisissante et riche de nombreuses possibilités. L'auteur ne s'est d'ailleurs pas trop mal débrouillé pour mettre en scène les ravages de la "sidérose", de sa découverte dans le bassin sidérurgique du nord de le France jusqu'à ses conséquences économiques, sociales et politiques. L'angoisse des industriels en faillite, les magouilles des boursicoteurs, la misère des ouvriers jetés sur le pavé, le protectionnisme des états et les différents jeux de pouvoirs, tout y est envisagé avec intelligence et plutôt bien rendu.
Or donc, ce ne sont pas le thème du roman ni ses développements qui sont en cause mais bien la manière dont l'auteur s'y prend pour nous les présenter. Tout au long de son roman, j'ai eu le sentiment de lire un compte-rendu journalistique ou une notule encyclopédique. Qu'il s'agisse de nous décrire les catastrophes provoquées par la maladie, les manifestations d'ouvrier au chômage et les scènes de guerre civile, son style est toujours distant et purement informatif. Il en va de même de ses personnages, bien trop désincarnés pour donner de la consistance au récit. Les passages où ils vivent de leur vie propre sans être de simples silhouettes au milieu des évènements dramatiques qui se jouent sont beaucoup trop rares pour que l'on parvienne à faire nôtre leurs envies, leurs craintes, leurs sentiments... Le désastre est là. Les changements qu'il induit sont profonds et, pourtant, on ne parvient jamais à les toucher du doigt ni à s'en imprégner.
S'il n'était pas tout à fait misanthrope, Serge Simon Held n'était en tout cas pas très confiant dans la capacité de l'homme à faire émerger le meilleur. Dans son récit, la civilisation s'effondre sans que personne n'essaie réellement de s'y opposer. Politiques, militaires, syndicalistes, bourgeois, ouvriers, tous sont renvoyés dos à dos, unis dans une seule et même envie : supplanter autrui, s'approprier sa place, ses richesses, sa femme. Le règne du plus fort s'impose à nouveau tandis que disparaît l'idée d'une société fondée sur la science et la raison dont le fer était l'un des piliers.
L'Arbre Vengeur - 2019
48 - JAMES HERBERT
Ici, l’auteur se distingue juste par une conclusion alternative et décalée de la seconde guerre mondiale et ce n’est malheureusement pas suffisant pour nous maintenir en haleine. Ses apprentis nazis avides de sang pur (plus pour une bonne transfusion que par idéologie) sont finalement assez pathétiques et la scène des rats enflammés dans le métro londonien m’a rappelé d’autres opus de Monsieur Herbert : sans doute un réflexe de l’auteur. Pour ma part, je ne retiendrais de ce livre qu’une seule idée, celle de ce pilote allemand qui, malgré la fin de la guerre, continue son petit blitz personnel sur la capitale britannique.
Presses de la Cité - Paniques - 1999
LA PIERRE JAUNE - GEOFFREY LE GUILCHER
Vu le nombre de post-apos qui sortent ces dernières années, en Blanche comme en littérature de genre, je me demande toujours s'il y a encore moyen de faire du neuf avec ce thème. La plupart du temps la réponse est non. Quelques bonnes idées, de bons personnages mais rien de transcendant. Et puis parfois, le miracle. Une approche originale, une intrigue palpitante, des situations jamais envisagées.. Hélas, j'ai tout de suite su que ce ne serait pas le cas avec le roman de Geoffrey Le Guilcher.
D"abord, parce que l'idée d'un groupe décidé à résister dans un coin de France irradiée a déjà été abordée à plusieurs reprises et ce n'est pas Jean-pierre Andrevon (Les retombées) ou Pierre Marlson (Les compagnons de la Marciliague) qui me contrediront. Ensuite, parce qu'on est pas franchement dans un post-apo. Le monde d'avant, le nôtre, n'a pas vraiment disparu. Il est encore très présent et en état d'envoyer des militaires faire la police dans les territoires évacués. Il constitue même la principale menace à laquelle nos irréductibles bretons doivent faire face, loin devant les problèmes sanitaires ou de ravitaillement. Enfin, parce que "La pierre jaune" est avant tout le récit d'une infiltration parmi un groupe de zadistes, bien plus qu'une histoire de survie dans le monde d'après.
Et de ce point de vue, l'auteur a plutôt bien réussi son affaire. L'intrusion de Jack Banks dans la petite communauté alternative est plutôt bien amenée. sa galerie de personnages (la chaman, le geek, l'ancien de l'E.T.A, le gentil simplet...) apporte beaucoup de crédibilité à son récit et la description de leur quotidien sous contrainte est suffisamment précise pour permettre une immersion convaincante parmi cette tribu de gentils dingos. Mais c'est surtout son flic de héros qui donne corps à ce qui est aussi le compte-rendu d'un cheminement intérieur.
Au contact de sa nouvelle "famille" et d'un mode de vie radicalement différent, il va voir bon nombre de ses certitudes voler en éclat. Il va notamment se rendre compte que si les hurluberlus en tong ou rangers, les chevelus bouffeurs de quinoa, les adeptes de la féralité et autres originaux de tout poil n'ont pas la solution à nos problèmes, ils ont au moins le mérite de tenter et d'innover. Et surtout, ils ont déjà renoncé à notre délétère société du superflu.
A nous désormais de comprendre et admettre que notre survie sur une planète que nous avons lamentablement dégradé réside dans une véritable rupture. Une rupture qui pourrait être librement consentie et accompagnée par les autorités mais qui, j'en suis malheureusement convaincu, finira par s'imposer dans la douleur tant sont puissants le lobbying des industries et la force de notre déni.
Gallimard - Folio SF - 2022
LE CREPUSCULE DE BRIAREUS - RICHARD COWPER
Avouons-le tout net, j'ai acheté ce livre en croyant avoir affaire à un bon vieux post-apo des familles comme les britanniques s'en étaient fait une spécialité dans les années soixante-dix. Si les débuts du roman semblaient me donner raison, la suite m'a rapidement fait comprendre l'étendue de mon erreur. En dépit de quelques jolies scènes d'une Angleterre à peu près vidée de ses habitants et soumise à une nouvelle période glaciaire, "Le crépuscule de Briareus" ne fait que flirter avec ce genre, comme il ne fait qu'aborder le thème des mutants ou celui de la stérilité de l'espèce humaine. Et si les passages concernant les expériences dont les mutants sont l'objet font froid dans le dos, sa vision d'une humanité confrontée à l'imminence de son extinction n'a rien de très passionnante. Sur ce sujet, le "Barbe Grise" de Brian Aldiss est bien plus complet et beaucoup plus émouvant.
Ceci étant, ce n'est pas cette dispersion entre différents thèmes qui m'a gêné mais le manque d'emprise du personnage principal dans le déroulement de l'histoire. C'est d'autant plus dommage que Calvin Johnson ne manque pas d'épaisseur. Son passé, son caractère, ses réactions face aux bouleversements que subit l'humanité, tout concoure à en faire un individu éminemment sympathique, un homme sans préventions qui s'interroge constamment et sait écouter les autres. Hélas, il ne sera que cela et passera le plus clair du roman à subir les évènements, sans jamais peser sur son existence et laissant les autres choisir à sa place.
On m'objectera peut-être que cette absence de domination le rend précisément plus humain et permet de laisser du champs aux héroïnes féminines du roman, ce qui n'était pas si fréquent à l'époque. Pas faux, mais cela contribue aussi à renforcer son côté messianique, celui de l'homme qui détient la solution par sa seule présence et qui n'a qu'à attendre l'alignement des étoiles pour voir la prophétie se réaliser. D'ailleurs le roman s'achève sur une approche quasi mystique de l'espace et des extra-terrestres qui m'a laissé un tantinet dubitatif...
Denoël - Présence du Futur - 1976
HIER, LES OISEAUX - KATE WILHELM
Le roman de Kate Wilhelm se partage en trois époques bien distinctes. La première suit le parcours de David Summer et de quelques autres membres de sa famille dans leur lutte pour préserver un îlot d’espoir pour l’espèce humaine. Nous les voyons organiser leur survie tandis que la société s’écroule, construire un hôpital et aménager un laboratoire à l’intérieur d’une grotte. Là, ils espèrent cloner les rares survivants, devenus stériles, afin de donner à l’homme la possibilité d’un nouveau départ.
La seconde débute plusieurs générations plus tard alors qu’une nouvelle société basée sur le clonage a vu le jour. Les individus sont créés par familles entières en fonction de leurs aptitudes et des besoins de la communauté. Une jeune femme, Molly, refuse cette vie sans relief et cherche à vivre sa différence.
La dernière partie met en scène Marc, le fils naturel de Molly, et sa révolte contre cette nouvelle humanité qui commence à montrer ses limites.
Kate Wilhelm a une bien jolie plume. Elle nous conte avec beaucoup de délicatesse ce que pourrait être notre futur si nous n’y prenons garde. Elle nous propose aussi des éléments de réflexion sur le devenir de l’homme, sur les bienfaits de la diversité et aborde fort justement certains des risques liés au clonage.
Son roman est aussi un très bel hymne à la beauté d'une nature redevenue sauvage et épanoui car libérée des contraintes que l’homme faisait peser sur elle.
Denoël - Présence du Futur - 1977
DEMAIN LES LOUPS - FRITZ LEIBER
« Le loup solitaire » met en scène un individu qui rejette la fuite en avant d’une société toujours plus mécanisée et sophistiquée au détriment des relations humaines.
« La paire de loups » s’attache au parcours d’un couple au milieu des « terres mortes », ces étendues bouleversées par les bombardements et les radiations.
Enfin, « Loup fou » et « La horde des loups » nous content deux épisodes de la difficile reconstruction d’une société plus humaine et libérée de sa folie meurtrière.
Toutes ces nouvelles ont en commun une lecture pessimiste de la nature humaine et de sa capacité à faire le bien de tous. L’auteur nous suggère d’ailleurs au travers des quelques portraits qu’il nous brosse, que cette propension au mal est due à la folie qui habite chaque homme. Mais une folie qu’il est néanmoins possible de canaliser et même d’utiliser à des fins autres que destructrices. Il suffit pour cela d’un peu de bonne volonté et surtout de savoir écouter autrui comme le démontre plus particulièrement la seconde nouvelle du recueil.
Malgré tout, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’avenir selon Leiber n’a rien de réjouissant.
Pocket - Science-Fiction - 1978
LES CULBUTEURS DE L'ENFER - ROGER ZELAZNY
A la lecture de ce livre on ne peut s’empêcher d’éprouver un sentiment de « déjà vu ». Un univers post-apo, des hordes de malfrats, un homme seul chargé d’une mission a priori impossible, voilà qui n’est pas sans rappeler certains classiques du cinéma d’action. Quelque chose comme un croisement entre "Mad Max" et "New York 2017". Sauf que « Les culbuteurs de l’enfer » a été écrit à la fin des années soixante et par conséquent, s’il y a plagiat ou disons plutôt inspiration, c’est du côté du cinéma qu’il faut le rechercher. Mais cela nous prive quand même du plaisir de la découverte et enlève au livre une part de l'originalité qu'il a pu avoir lors de sa sortie. Et puis, convenons-en, le récit est assez linéaire et se résume finalement à une folle équipée d’un bout à l’autre des States avec son lot de rencontres désagréables.
Heureusement, il y a le style de l’auteur. Simple, direct, très « parlé », il colle comme un gant à la personnalité de son héros, une espèce d'Hells Angels un peu déjanté mais au cœur d’or. Un passage du roman résume d’ailleurs parfaitement le personnage : « Je suis moi. Un ange. Je n’ai pas besoin de faire semblant d’être quoi que ce soit d’autre. S’il y a des gens à qui ma gueule ne revient pas, ils n’ont qu’à venir m’en parler ». Et bien si mon pote, ta gueule me revient, et tu m’as fait passer un bon petit moment de lecture !
Jean-Claude Lattès - Titres SF - 1979
LA VILLE D'ACIER - MICHEL PAGEL
Pour leur venir en aide, Ange a alors une idée folle : unir les sédentaires et les pillards et prendre d’assaut la ville d’acier.
Ce deuxième opus des aventures de « l’ange du désert » est une copie presque conforme du premier. On y retrouve les mêmes péripéties et quasiment dans le même ordre :
- combat des motards contre les sédentaires et les pillards,
- franchissement du Styx, le fleuve aux exhalaisons méphitiques,
- entrée dans la ville et aventures dans ses bas-fonds,
- arrestation par les autorités et dénouement dans les jardins du donjon.
Certains personnages sont en effet bien sympathiques tels Orson le pillard obèse ou encore Bugs le lapin télépathe. Mais surtout c’est le duo que forment Ange et Sybille avec son mélange d’amour/haine qui apporte sa saveur à un récit qui sans cela serait bien terne.
A noter que le livre fait état d’une suite : « L’épée maudite » qui n’a malheureusement jamais été publiée. C’est dommage car bien des questions restent en suspens : comment Krina et Orson se vengeront-ils, pourquoi les lapins aident-ils Ange, comment la ville d’acier est-elle approvisionnée ?
Fleuve Noir Anticipation - 1986
L'ANGE DU DESERT - MICHEL PAGEL
La seconde moitié du roman, qui se déroule dans la ville, est un peu plus fouillée et nous apporte (trop rapidement peut-être) les réponses aux questions que l’on se posait : Gelnar est-il un Dieu, pourquoi la Terre est-elle désertique, qui entretient les stations-services… ? Mais l’ensemble n’est guère convaincant : les personnages sont un peu trop caricaturaux, l’intrigue finalement assez mince et jusqu’aux combats qui manquent de mordant (c’est dingue le nombre de fois où l’adversaire d’Ange vient s’embrocher de lui-même sur son épée !!!)
Dommage car, une suite étant prévue, Michel Pagel aurait dû prendre son temps et donner plus d’épaisseur tant aux personnages qu’au scénario.
Fleuve Noir Anticipation - 1985
LES FUYARDS DU CREPUSCULE - J. B. JOHNSON
"Les fuyards du crépuscule" est un roman à tiroir. Lorsqu'on ouvre le premier, on pense avoir affaire à un bon vieux post-apo des familles. Univers désertique, zones irradiées, petites communautés de survivants, fondamentalistes religieux et, bien sûr, héros individualiste contraint de se transformer en chef de guerre pour mettre fin aux agissements d’une redoutable secte : toutes les figures imposées du genre ont été conviées. Rien de neuf sous le soleil donc, mais Johnson s’en sert plutôt intelligemment tout en y ajoutant, l’air de rien, quelques éléments qui auront leur importance par la suite. Il en va ainsi de l’ascendant que Daystar possède sur les redoutables vers des sables ou des vagues allusions à de mystérieux gardiens qui surveilleraient la planète depuis l’espace.
Et alors que l’on croit s’orienter vers une classique confrontation entre d’affreux sectaires et des hommes et des femmes qui souhaitent rester libre de reconstruire le monde à leur façon, le second tiroir s’entrouvre pour faire basculer le récit dans une histoire de mutants. Figurez-vous en effet que le héros et sa compagne sont autistes et qu’ils ont développés des capacités psychiques un peu particulières. Sachez en outre que les vilains religieux cités plus hauts exterminent justement tous les enfants autistes qui leur tombent entre les mains et emmènent en captivité ceux qui sont néanmoins parvenus à l’âge adulte. Daystar et Shadow prennent leur défense grâce à leurs pouvoirs (télépathie, manipulation mentales…), entreprennent de les libérer et… le troisième tiroir est brusquement tiré pour livrer passage à de vilains extra-terrestres.
S’ensuivent quantité de scènes d’actions et moult révélations pour un final qui donnera la réponse à toutes les interrogations mais sans vraiment surprendre le lecteur. Au final, « Les fuyards du crépuscule » est un roman solide mais sans génie auquel on reconnaîtra néanmoins le mérite d’avoir mis en avant les autistes à une époque - les années 80 - où cela n’était pas encore d’actualité.
Opta - Galaxie-Bis - 1983
REVOLTE DES TRIFFIDES - JOHN WYNDHAM
Finalement, la forme de société qui emportera l'adhésion de Masen est celle mise en place par le docteur Vorhess. Guidée par les seules considérations utilitaires, sans restriction de liberté autres que celles rendues nécessaires par la vie en communauté, la colonie d'Elspeth Gary sur l'île de Wight, est aussi celle qui offre les meilleures chances de succès sur les triffides.
Fleuve Noir Anticipation - 1956
GENOCIDES - THOMAS DISCH
J'avais cru déceler en "Génocides" un petit récit post-apocalyptique comme je les aime. Hélas, je fus bien déçu. Certes, il y est question de la lutte pour la survie d'un groupe d'individus, en l'occurrence une petite communauté rassemblée sous l'égide d'un patriarche un peu illuminé. Mais, passées les cinquante premières pages, l'intrigue se resserre sur la vengeance d'un homme dont la compagne a été tuée par la communauté ainsi que sur la rivalité entre les fils du chef.
Dès lors, nous suivons surtout les développements de ces deux fils conducteurs qui n'ont malheureusement pas grand-chose de passionnant. Ajoutons à cela qu'une bonne part de l'histoire se déroule sous terre, dans les racines de la plante où les survivants ont trouvé refuge, restreignant encore le champ du récit et transformant l'histoire en un huis clos poussif.
Livre de Poche - SF - 1990
LE VENT DE NULLE PART - J. G. BALLARD
Le vent se lève… Il faut tenter de vivre. Cette citation de Paul Valery pourrait presque résumer ce roman de J. G. Ballard, le deuxième de sa tétralogie consacrée aux apocalypses. Après le feu (Sécheresse) et avant l’eau (le monde englouti) et la terre (la forêt de cristal) c’est donc au vent que l’auteur a choisi de confronter l’humanité. Mais la confrontation tourne court et les éléments déchaînés ont tôt fait de mettre à genoux nos pauvres fourmis humaines qui en sont réduites à se réfugier sous terre.
L’intrigue de ce livre est incontestablement un peu mince. J’ai néanmoins apprécié les descriptions hallucinantes d’une Terre dévastée, lacérée, pelée par cette gigantesque tornade. Le seul petit reproche que je ferais à ce livre concerne sa fin., un peu trop abrupte à mon goût et ne donnant aucune idée de ce que sera l'après catastrophe. Mais il faut faire avec puisque Ballard s'intéresse surtout aux réactions d'humains confrontés à l'extraordinaire.
Pocket SF - 1986
ET PUIS LES LOUPS VIENDRONT - PIERRE SURAGNE
De ce point de vue, « Et puis les loups viendront » est un Pelot pur jus. Dans un décor d’hiver nucléaire minimaliste, l’auteur nous livre un récit dépouillé et particulièrement abrupt. Ici, presque tous les personnages sont victimes de malformations, de tumeurs, de handicaps. Tous savent que leur existence est précaire et que, si le froid, la faim ou la balle d’un ennemi ne vous ôte pas la vie, c’est la maladie qui s’en chargera. Et pourtant, pas un ne renonce à ses pulsions ni à ses envies même s’il faut pour cela, tuer et massacrer, encore et toujours. Errants conte sédentaires, éleveurs contre pillards, anciens contre néophytes, la lutte est féroce et sans pitié. Les exécutions sommaires se succèdent. On viole, on décapite, on abandonne les enfants aux bêtes sauvages. L’auteur multiplie les scènes dures et sordides. Une volonté, si ce n'est de choquer, du moins de ne rien épargner au lecteur, comme pour le prendre à témoin de la folie des hommes et de leurs penchants pour la haine et la violence.
Une haine qui se porte aussi sur toutes les formes de culture et de connaissance et qui rappelle un peu la fin de « Ravage ». Mais ici, la charge contre la science et le désir de l’homme de plier la nature à ses désirs est encore plus virulente que chez Barjavel : « Nous tous, sur cette Terre maudite, nous sommes les produits de l’intelligence des hommes ! Nous, avec nos malformations, avec nos yeux qui ne voient pas, avec les doigts qui poussent en surnombre à nos mains, avec nos gueules de monstres ! Avec les ventres de nos femmes qui accouchent des horreurs, et les couilles des hommes plus sèches que des buissons d’épines ! L’intelligence ! L’intelligence nous a donné la nuit et le froid ! ».
Un récit dur mais, ainsi que je le disais plus haut, porté par une très belle plume, vibrante de colère contenue et d’espoir déçu. Pas le plus abouti des Pelot, mais néanmoins un très bon bouquin qui préfigure ses grands romans à venir.
Fleuve Noir Anticipation - 1973
PS : Pour celles et ceux qui l'ignorerait, Suragne et Pelot sont deux des pseudos de l'auteur.
SURVIVANTS DE L'APOCALYPSE - PIERRE BARBET
Voici un roman de science-fiction apocalyptique de facture bien classique mais néanmoins honnête. Son principal intérêt réside dans le fait qu’il nous décrit les premiers jours qui suivent le feu nucléaire et les réactions d’une poignée d’hommes et de femmes face à cet évènement. Nous assistons ainsi, passé la stupeur des premiers instants, à leurs efforts pour se mettre hors de portée des radiations et trouver un refuge sûr.
Pierre Barbet a dû pas mal se documenter car il n’est pas avare de détails et nous fait découvrir des mots aussi barbares que « röntgens » ou « stylo-dosimètres ». Pour le reste, l’intrigue ne recèle aucune surprise et décline les idées habituelles associées à ce genre de SF : scènes de pillages et retour rapide (trop ?) à une organisation médiévale de la société.
La chute du livre ne fait preuve de guère plus d’originalité puisqu’elle décrit l’une des conséquences des radiations à savoir la mutation génétique des nouveaux nés. L’auteur est d’ailleurs sacrément optimiste puisque ces mutations ont pour effet de doter ces enfants de capacités hors normes en lieu et place des malformations que l’on s’attendrait à découvrir.
Fleuve Noir Anticipation - 1982
ROBUR LE CONQUERANT - JULES VERNE
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