Avec quelques scènes absolument écœurantes et gorgées d'hémoglobine, ce livre aurait eu toute sa place dans la collection "Gore" du Fleuve Noir. Pour le reste, il s'agit d'un roman un peu faiblard et quasi dénué de suspens. Dans ces conditions, on ne s'intéresse guère qu'à la façon dont les malheureuses victimes de cette secte "décibelophobe" vont être trucidées. Et là, l'auteur se lâche carrément. On y tue avec beaucoup de recherche et un grand sens de la mise en scène. Une sorte d'esthétisme macabre qui frise parfois le grand guignol. D'ailleurs, l'auteur emploi lui-même cette expression à une ou deux reprises, comme s'il entendait de la sorte prendre un peu de recul avec son histoire, nous rappeler que tout cela est à prendre au second degré, voire au troisième...
De fait, plus que toutes ces descriptions sanguinolentes, c'est surtout l'atmosphère qui baigne le récit qui a retenu mon attention. Une ambiance cafardeuse, grise et pluvieuse qui n'est pas sans rappeler celle de "Dépression", un autre roman de François Sarkel. Les gouttières ne cessent de glouglouter, les murs suintent, l'humidité est partout. Les coupures d'électricité plongent régulièrement la ville dans l'obscurité et une odeur nauséabonde imprègne toute chose. Les héros eux-mêmes sont parfaitement raccords puisque l'on est coincé entre une dépressive profonde et un alcoolique notoire ! Bref, tout cela n'est pas bien gai et ce n'est pas la fin qui viendra y changer quelque chose, loin s'en faut.
Fleuve Noir - Angoisses - 1993









