SF EMOI II
De la SF... Oui, mais pas que !
LE SIECLE DE L'ETERNEL ETE - JAMES BLISH
LA RIVIERE AUX LUCIOLES - MIYAMOTO TERU
C'est particulièrement vrai dans La rivière aux lucioles qui multiplie les images symboliques : la chute des fleurs de cerisiers dans un parc, un vol de lucioles, l'écho d'un shamizen sur les bords d'un promontoire... Il est vrai que ce roman est sans doute le plus poignant des deux, de par les thèmes abordés. Tatsuo, un garçon de 14 ans, est confronté aux derniers jours de son père victime d'une attaque cérébrale. Alors que son avenir laisse présager bon nombre de bouleversements, il multiplie les rencontres...
Dans ce joli récit qui se déroule en 1962, l'auteur nous dévoile un Japon qui a presque achevé sa transition vers un mode de vie occidental. C'est d'autant plus frappant que des flash-backs nous font éprouver la dureté de ses anciennes coutumes (une femme inféconde répudiée et une autre qui n'obtient le divorce qu'à condition d'abandonner son bébé à sa belle-famille).
PARABELLUM TANGO - PIERRE PELOT
LA PIERRE PHILOSOPHALE - COLIN WILSON
Nombreux sont les romans fantastiques se présentant sous la forme de mémoires. Racontées à la première personne, sous le sceau de la confidence, elles confèrent aux évènements incroyables qu’elles rapportent toute l’apparence de la vérité. Et lorsqu’en plus leur auteur précise qu’il s’agit d’un simple témoignage n’ayant pas vocation à être diffusé, il ne nous est plus possible de douter de sa bonne foi ; quelle raison aurait-il de mentir puisqu’il n’attend rien de ses révélations ?
Les mémoires d’Howard Lester comportent deux parties. La première n'est guère passionnante et pour tout dire je l'ai même trouvée assez rébarbative. Il s'agit purement et simplement du compte rendu des recherches auxquelles se livre le héros. Ce n'est pas à proprement parlé inintéressant. C’est même sans doute nécessaire pour planter le décor. Mais il faut faire preuve d'une bonne dose de persévérance pour venir à bout de cette longue énumération de réflexions, voyages, études et expériences. Heureusement, tout se décante dans une seconde partie qui nous réserve quelques révélations surprenantes. Attention tout de même, l'action demeure quasi inexistante et reste cantonnée aux salles de musées. Toutefois, si les voyages n'ont lieu que par la pensée, les découvertes réalisées par les personnages n’en sont pas moins palpitantes. Un véritable suspens s’installe au fur et à mesure que leur enquête progresse et qu’un terrible bras de fer intellectuel et psychique s’engage avec leur ennemi.
Il faut dire que nos héros ont fort à faire puisque leurs adversaires ne sont autres que les Grands Anciens dont Lovecraft nous a tant parlé. Il sera d’ailleurs un peu question du « Maître de Providence » considéré par l’auteur comme un précurseur sur le chemin de la vérité. Mais si Lovecraft était guidé par sa seule sensibilité artistique, Howard Lester entend apporter des preuves irréfutables de l’existence de Chtullu et Cie. Et c’est d’ailleurs toute l’originalité de ce livre que de donner une explication « rationnelle » à ce grand mythe de la littérature fantastique. Mû, l’Atlantide et les Grands anciens sortent ainsi du domaine de la légende et prennent pied dans la réalité historique de notre planète.
Ce roman d’un abord difficile n'est sans doute pas un chef d'œuvre du genre, mais constitue en tout cas une approche neuve de l’œuvre de Lovecraft, entre hommage et réécriture. Une curiosité à découvrir !
Nouvelles Editions Oswald - 1982
CIMETIERE DES CHATS - ALAIN VENISSE
Dans ce livre, Alain Vénisse est parvenu à réunir presque tous les clichés des films d'horreur de série Z. Jugez plutôt. Une petite ville de province, un adolescent qui peine à s'intégrer, des notables véreux, un contremaître brutal, des animaux dangereux, un cimetière, des zombies, des produits chimiques enfouis et même un artefact d'origine extra-terrestre ! Sans oublier bien sûr la traditionnelle scène de cul. Et tout çà en 150 pages !
Malgré tout, il parvient à nous trousser une petite histoire de vengeance qui tient la route. Certes on n'est guère surpris par le déroulement de l'intrigue et on devine très vite que les vilains notables et leurs sbires recevront un juste et horrible châtiment. Mais peu importe puisque le véritable intérêt de ce roman réside justement dans la description de ces exécutions. Et il y en aura pour tous les goûts. On s’y étripe à coup de hachoir, de chalumeau, de lance-flammes et, bien sûr, de griffes. Des scènes bien gores pour un roman d’horreur très convenu mais pas si désagréable.
Fleuve Noir - Frayeur - 1994
BLIZZARD - HEORGE STONE
Malgré un argument général qui s'apparente à la SF ce livre me paraît surtout relever du roman d'espionnage. Nous retrouvons ainsi bon nombre des figures imposées du genre (des satellites espions, des militaires bornés, des scientifiques sans éthique, des politiciens de tout poil...) et la recherche de la vérité constitue le véritable cœur de l'intrigue. Une vérité que l'on devine bien vite tout comme l'identité des coupables. Mais ça n'est pas bien grave puisque l'intérêt du bouquin réside surtout dans la course contre la montre et contre les éléments déchainés, menée par une poignée d'individus. Nous n'échapperons d'ailleurs pas à certains clichés des « films catastrophes » dont celui du scientifique qui détient seul la vérité mais qui peine à la faire reconnaître par les autorités.
Roman d'anticipation sans prétention « Blizzard » nous propose une lecture honnête et sans surprises, émaillée de jolies descriptions des States paralysés par le froid, la neige et le vent. Une curiosité.
Marabout - 1978
HYDRA - JEAN-PIERRE ANDREVON
Je suis un inconditionnel de Jean-Pierre Andrevon. J'aime son imaginaire qui embrasse aussi bien le polar que la SF, le fantastique ou la littérature générale. J'aime aussi son style qui fait la part belle à l'ironie et à l'humour pince sans rire. J'apprécie même la crudité de son langage et les scènes de cul qui parsèment ses histoires. Une petite manie qui n'a, à mon sens, rien de dérangeant et ajoute au contraire de la véracité au récit, un petit supplément d'humanité. Et justement, ce que je préfère chez lui, c'est sa façon de représenter l'humain, de traiter de sa place dans la société et de ses relations avec ses semblables.
RN 86 - JEAN-BERNARD POUY
COMME UN LISERON - PAUL BERA
L'auteur délaye au maximum et ne parvient pas à donner du corps à son récit. Ses descriptions sont minimalistes, les décors à peine esquissés et les personnages manquent de profondeur. Cela a parfois du bon, mais là c'est du foutage de gueule. Tout juste apprends-on que la ville est alimentée par une centrale nucléaire souterraine et que les dissidents ont trouvé refuge dans ses bas quartiers. Quant aux dialogues, insipides, et souvent même ridicules.
Alors quoi d'autre ? Ah oui bien sûr ! Ce fameux pouvoir psy. Cette possibilité de tuer par la pensée dont les personnages sont doté sans toutefois oser s'en servir. Un fameux paradoxe où chacun pense avoir trouvé le moyen de tuer sans risque tout en soupçonnant son voisin d'avoir lui aussi la solution. Et comme personne ne se lance, l'action stagne misérablement jusqu'à un dénouement d'une grande banalité. Paul Béra a du écrire ce bouquin pour respecter son quota de livraison annuelle au Fleuve. Alimentaire mon cher Watson !
Fleuve Noir Anticipation - 1976
SILENCE ROUGE - FRANCOIS SARKEL
Avec quelques scènes absolument écœurantes et gorgées d'hémoglobine, ce livre aurait eu toute sa place dans la collection "Gore" du Fleuve Noir. Pour le reste, il s'agit d'un roman un peu faiblard et quasi dénué de suspens. Dans ces conditions, on ne s'intéresse guère qu'à la façon dont les malheureuses victimes de cette secte "décibelophobe" vont être trucidées. Et là, l'auteur se lâche carrément. On y tue avec beaucoup de recherche et un grand sens de la mise en scène. Une sorte d'esthétisme macabre qui frise parfois le grand guignol. D'ailleurs, l'auteur emploi lui-même cette expression à une ou deux reprises, comme s'il entendait de la sorte prendre un peu de recul avec son histoire, nous rappeler que tout cela est à prendre au second degré, voire au troisième...
De fait, plus que toutes ces descriptions sanguinolentes, c'est surtout l'atmosphère qui baigne le récit qui a retenu mon attention. Une ambiance cafardeuse, grise et pluvieuse qui n'est pas sans rappeler celle de "Dépression", un autre roman de François Sarkel. Les gouttières ne cessent de glouglouter, les murs suintent, l'humidité est partout. Les coupures d'électricité plongent régulièrement la ville dans l'obscurité et une odeur nauséabonde imprègne toute chose. Les héros eux-mêmes sont parfaitement raccords puisque l'on est coincé entre une dépressive profonde et un alcoolique notoire ! Bref, tout cela n'est pas bien gai et ce n'est pas la fin qui viendra y changer quelque chose, loin s'en faut.
Fleuve Noir - Angoisses - 1993
LE SIECLE DE L'ETERNEL ETE - JAMES BLISH
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