SF EMOI II
De la SF... Oui, mais pas que !
COMME UN LISERON - PAUL BERA
L'auteur délaye au maximum et ne parvient pas à donner du corps à son récit. Ses descriptions sont minimalistes, les décors à peine esquissés et les personnages manquent de profondeur. Cela a parfois du bon, mais là c'est du foutage de gueule. Tout juste apprends-on que la ville est alimentée par une centrale nucléaire souterraine et que les dissidents ont trouvé refuge dans ses bas quartiers. Quant aux dialogues, insipides, et souvent même ridicules.
Alors quoi d'autre ? Ah oui bien sûr ! Ce fameux pouvoir psy. Cette possibilité de tuer par la pensée dont les personnages sont doté sans toutefois oser s'en servir. Un fameux paradoxe où chacun pense avoir trouvé le moyen de tuer sans risque tout en soupçonnant son voisin d'avoir lui aussi la solution. Et comme personne ne se lance, l'action stagne misérablement jusqu'à un dénouement d'une grande banalité. Paul Béra a du écrire ce bouquin pour respecter son quota de livraison annuelle au Fleuve. Alimentaire mon cher Watson !
Fleuve Noir Anticipation - 1976
SILENCE ROUGE - FRANCOIS SARKEL
Avec quelques scènes absolument écœurantes et gorgées d'hémoglobine, ce livre aurait eu toute sa place dans la collection "Gore" du Fleuve Noir. Pour le reste, il s'agit d'un roman un peu faiblard et quasi dénué de suspens. Dans ces conditions, on ne s'intéresse guère qu'à la façon dont les malheureuses victimes de cette secte "décibelophobe" vont être trucidées. Et là, l'auteur se lâche carrément. On y tue avec beaucoup de recherche et un grand sens de la mise en scène. Une sorte d'esthétisme macabre qui frise parfois le grand guignol. D'ailleurs, l'auteur emploi lui-même cette expression à une ou deux reprises, comme s'il entendait de la sorte prendre un peu de recul avec son histoire, nous rappeler que tout cela est à prendre au second degré, voire au troisième...
De fait, plus que toutes ces descriptions sanguinolentes, c'est surtout l'atmosphère qui baigne le récit qui a retenu mon attention. Une ambiance cafardeuse, grise et pluvieuse qui n'est pas sans rappeler celle de "Dépression", un autre roman de François Sarkel. Les gouttières ne cessent de glouglouter, les murs suintent, l'humidité est partout. Les coupures d'électricité plongent régulièrement la ville dans l'obscurité et une odeur nauséabonde imprègne toute chose. Les héros eux-mêmes sont parfaitement raccords puisque l'on est coincé entre une dépressive profonde et un alcoolique notoire ! Bref, tout cela n'est pas bien gai et ce n'est pas la fin qui viendra y changer quelque chose, loin s'en faut.
Fleuve Noir - Angoisses - 1993
LA TERRE ETAIT ICI - MAXIME BENOIT-JEANNIN
Maxime Benoit-Jeannin se défend dans sa postface d'avoir voulu écrire un roman d'avant-garde. Cela n'empêche pas son livre d'avoir un petit côté expérimental. Mots en caractères gras pour souligner leur importance, flashs infos ou notices biographique s'intercalant entre les chapitres, noms farfelus des personnages, le style est assurément déconcertant. Mais, au-delà de ces libertés d'écriture, il m'a surtout semblé être le reflet de son époque : celle des années punk.
Cela se sent à la façon dont ses personnages vomissent l'establishment ou critiquent institutions politiques et populations moutonnières. Cela se sent aussi au ton employé, extrêmement cru et provocateur. L'intention de choquer est évidente et ce n'est pas un hasard si les scènes de sexe et de violence foisonnent, si le meurtre succède aux viols, le massacre à la torture. L'auteur ne fait preuve d'aucune pitié envers ses personnages, ne leur laisse aucun espoir, ne leur promet rien d'autre qu'une chevauchée sanglante et désespérée avec la mort au bout. No future !
Mais ce livre n'est pas qu'un exercice stylistique ou un pamphlet libertaire. Il possède aussi une véritable intrigue, une histoire d'espionnage et de manipulation, et l'on y rit souvent des références à notre XXème siècle décadent.
Petite remarque en passant : Brantonne n'a certainement pas lu ce bouquin avant d'en illustrer la couverture car ses motards à tête de chérubins sont bien loin des malfrats crasseux et obscènes du roman !
Kesselring - ici et maintenant - 1978
L'OMBRE DU VENT - CARLOS RUIZ ZAFON
LA PLANETE GEANTE - JACK VANCE
Pocket - SF - 1978
PROMETHEE DE L'OMBRE - VINCENT VOX
Je suis pourtant "bon public" et lorsque je décide de m'envoyer un bouquin d'épouvante, genre où l'on trouve à boire et à manger, je suis d'avance disposé à faire des concessions. Je conçois même volontiers que l'ouvrage ne soit pas foncièrement original et vampires, fantômes et loups garous ne me rebutent nullement. Mais dans ce roman, l'auteur accumule les clichés (le manoir délabré, les souterrains humides avec laboratoire secret et oubliettes, les villageois suspicieux, le savant maudit, un vieux grimoire...) sans que rien ne vienne compenser ce manque d'originalité. Les meurtres ne sont pas franchement gore, l'humour est inexistant et même ses scènes de cul manquent de conviction ! Et comme en plus l'intrigue est rapidement éventée, cela nous donne un roman mou du genou et insipide.
Alors on pourra toujours me dire que son vampire est d'un genre particulier ou que ses morts-vivants diffèrent quelques peu des habituels zombies. C'est vrai. Mais ça n'est quand même pas suffisant pour retenir mon intérêt et seule l'envie de savoir ce qui s'est passé un siècle plus tôt entre le triangle amoureux mari/femme/amant m'a poussé à finir le roman. Alors si vous croisez ce livre chez un bouquiniste, passez votre chemin ! Vous trouverez sans doute bien mieux à lire dans votre PAL.
Fleuve Noir - Frayeur - 1995
LARCHMÜTZ 5632 - JEAN-BERNARD POUY
LE FIN DU REVE - PHILIP WYLIE
LES PIERRES SAUVAGES - FERNAND POUILLON
"Comme tout se termine en bilan, je laisse ce cahier de petits faits, de personnages. Il résume l'histoire de la naissance d'une abbaye". Ces mots que Fernand Pouillon place sous la plume de son personnage définissent parfaitement le contenu de son roman. Grâce au témoignage d'un maître d'œuvre, nous assistons à l'édification de l'abbaye du Thoronet dans l'arrière-pays provençal. Nous découvrons avec lui les difficultés techniques, financières ou humaines qu'il faut aplanir jour après jour. Nous voyons vivre et grandir la petite communauté religieuse au fil des saisons. L'été sous le soleil et dans la poussière, l'automne qui gonfle les rivières et provoque des inondations, l'hiver qui engourdit tout un chacun...et nous assistons à ces milles et un menus faits qui font la vie de ce chantier.
Ce roman est aussi un vibrant hommage au petit monde des artisans : Paul le tailleur de pierre, un fort en gueule aux opinions bien arrêtées, Joseph le maître potier fier de son art et un peu porté sur la bouteille, mais également la foule des anonymes, frères convers, manœuvres et paysans.
Léonard est profondément affecté par le décès de sa femme dans un accident de la circulation d'autant que les circonstances du drame lai...
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Pavane est un parfait exemple de roman uchronique. C'est même l'un des textes fondateurs de ce genre particulier qui s'exprime a...
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