Cela lui permet de croiser plusieurs destinées qui ont en commun d'être bouleversées par les lois de ce système absurde et criminel. Cela lui permet surtout de démontrer l'aberration d'une société qui finit par se scléroser faute de nouveauté et de jeunesse, qui ne fait plus que se continuer, se répéter ad infinitum. Nous suivons ainsi, tour à tour, une jeune femme qui n'a pas déclaré la naissance de son nouveau-né pour pouvoir le garder près d'elle, une adolescente qui a échappé au rôle de "corps d'accueil" mais qui n'a depuis aucune existence légale, une femme qui risque de perdre son droit à la transplantation à quelques mois de son quarantième et fatidique anniversaire et une communauté qui tente de survivre en marge du système...
La découverte de ces tranches de vies nous conduira aussi, l'air de rien, à nous interroger sur la valeur d'une existence, sur ce qui fait qu'elle a été remplie ou pas, sur notre égoïsme et nos rêves d'immortalité...mais encore sur le désir d'enfants et la continuité qu'ils représentent, sur la joie qu'ils apportent et l'espérance de renouveau qu'ils incarnent. Au final, et malgré l'effroi que fait naître la description de cette société d'un genre particulier, c'est l'espoir qui domine et la conviction que l'humanité peut toujours se bonifier. Un bien joli roman qui bénéficie d'une belle écriture et d'un humour en demi-teinte particulièrement subtil. Après ma lecture des "Enfants de l'hiver", ce deuxième roman de Michael Coney est une deuxième satisfaction. Je vais donc continuer d'explorer sa bibliographie.
Pocket SF - 1983









