SF EMOI II
De la SF... Oui, mais pas que !
L'OEIL DERRIERE L'EPAULE- JEAN-PIERRE ANDREVON
L'UNIVERS CAPTIF - HARRY HARRISSON
On est ainsi surpris de voir l'histoire commencer dans un village aztèque où d'infâmes prêtres maintiennent en servitude les habitants de deux villages. Et puis, au gré des découvertes du héros, on est parachuté dans un nouvel univers avec de nouveaux personnages et de nouveaux enjeux. A la façon de poupées russes, les "mondes "s'emboitent et leurs problématiques se juxtaposent. je ne suis jamais parvenu à anticiper le déroulement du récit et, jusqu'à la fin, je me suis demandé où l'auteur allait nous emmener.
Je ne peux hélas pas en dire beaucoup plus sans risquer de déflorer l'intrigue. je me bornerais donc à saluer un récit pleine de rebondissements et de jolies trouvailles, des personnages en petit nombre mais aux caractères bien établis et ce qu'il faut d'action pour ne pas s'ennuyer. Et n'oublions pas non plus une critique bien sentie des religions et de leurs dérives, notamment lorsque le dogme devient une fin en soi et prend le pas sur le message d'amour et de paix, ou lorsque les officiants oppriment les fidèles sans rime ni raison.
Le Masque Science-Fiction - 1978
LE DRAGON DU ROI SQUELETTE - SERGE BRUSSOLO
Ce second volume du " roi squelette " s'inscrit dans la droite ligne du précédent. Nous y retrouvons donc son atmosphère de fantasy d'opérette truffée d'anachronismes que même la magie ne saurait justifier (la montgolfière, le fil de fer barbelé...) et qui mélange allègrement moyen âge et péplum. Il met également en scène les mêmes protagonistes : le roi squelette, le magicien Massalian et bien sûr notre duo de choc : Shagan et Junia. C'est d'ailleurs cette dernière qui est à l'honneur et qui, la plupart du temps, prend les choses en mains et relègue son compagnon à un rôle d'assistant. Nous aurons d'ailleurs l'occasion d'en savoir un peu plus sur elle (seul l'histoire de Shagan nous avait été dévoilé dans "Le tombeau du roi squelette"), sur son passé et sur la race des femmes Ooni, géantes et cannibales.
Sous ses airs de conte de fée horrifique ce roman est donc un Brussolo pur jus où chaque page recèle son lot d'idées géniales et loufoques. La plupart du temps elles sont pour l'auteur l'occasion d'explorer l'infini variété des mutations et transformations auxquelles il peut soumettre le corps humain. Et il s'en donne à coeur joie le bougre : foetus phagocytés par des esprits malins, enfants malformés, cadavres ramenés à la vie, hommes et femmes transformés en reptiles ou en viande de boucherie ; la liste est longue des mauvais traitements qu'il fait subir à ses personnages. Mais on ne s'en plaindra pas car cela nous procure quelques agréables frissons et une lecture facile et dépaysante. Que demander de plus ?
Fleuve Noir Anticipation - 1989
LE JEU DE LA POSSESSION - JOHN BRUNNER
Le mythe de Faust revu et visité par John Brunner. Présenté de la sorte, ce livre ferait envie à n'importe quel amateur de SF ou de littérature fantastique. Pourtant, je me suis profondément ennuyé à sa lecture et il a fallu attendre les 20 dernières pages pour que mon intérêt se réveille. Le reste de l'histoire se résume à une succession de rencontres entre le héros et ses pairs. De bien longues pages dans lesquelles John Brunner laisse dériver son imagination : des plantes qui marchent, des fauteuils qui flottent, des décors qui changent sans cesse. Au début c'est amusant bien qu'un peu déconcertant et puis çà fini par devenir franchement lassant.
En fait, l'intrigue met beaucoup trop de temps à se décanter même si l'on se rend bien compte à quelques indices que la vie de Godwin n'est pas aussi fantastique qu'il le pense. On se doute même qu'il y a comme qui dirait "une couille dans le potage" et on attend que les "patrons" (comme Godwin les appelle) montrent le bout de leur nez. Et ils le montreront, à la toute fin du récit, mais pas suffisamment pour que l’on saisisse leur véritable nature. Dieux, démons, extra-terrestres, toutes les réponses restent possibles. En revanche leurs motivations nous sont dévoilées. Des motivations finalement bien futiles, ludiques. Un jeu. Le jeu de la possession. Et un Brunner très, très mineur, à ne lire que si l'on a déjà lus tous les autres titres du monsieur.
Pocket SF - 1984
HESTIA - CAROLYN J; CHERRYH
L'essentiel de son intrigue repose en effet sur le conflit qui oppose les humains aux Autres à l'occasion de la construction d'un barrage. La méfiance et la peur envers ce que l'on ne connait pas, les intérêts radicalement divergents, le fanatisme de certains, sont au coeur d'un récit simple mais très bien mené. Il sera bien sûr question d'altérité et de tolérance et les protagonistes de l'histoire devront composer avec les conservateurs, les va-t'en guerre et tous ceux qui sont guidés par des raisons plus personnelles, une rivalité amoureuse, l'appât du gain... Et finalement, le lus dur pour Sam Merritt, l'ingénieur dépêché par le Terre sur ce monde rétrograde, ne sera pas de s'adapter aux natifs de la planète Hestia mais aux humains qui tentent de la coloniser.
Alors qu'il finira par comprendre le point de vue des Autres et nouer une relation forte avec l'une d'entre eux, il éprouvera les pires difficultés à gagner la confiance de ses pairs. Une mésentente qui illustre le fossé qui sépare le terrien issu d'une société extrêmement développée et habitué à courir l'univers, d'hommes et de femmes éloignés de tout et vivant en vase clos. Une défiance qui rappelle un peu celle du provincial envers le citadin où se mêlent sentiment d'infériorité et fierté d'appartenir à un terroir.
Pas manichéen pour deux sous, "Hestia" est donc un excellent Planet Opera qui distrait, beaucoup, et fait réfléchir, un peu.
J'ai Lu - Science-Fiction - 1981
BALLET DE SORCIERES - FRITZ LEIBER
Toutes les femmes sont des sorcières. Non, je ne suis pas devenu un affreux misogyne. Cette assertion n’est pas de moi mais de Fritz Leiber ou plutôt c’est le postulat de départ de son roman. Une idée intéressante et fort bien développée qui ne nous plonge cependant pas dans un fantastique pur et dur mais dans une histoire où la science aura aussi son mot à dire.
Les femmes sont donc des sorcières. Au sens propre du terme. Elles confectionnent des sortilèges et réalisent des charmes afin de prendre l’ascendant sur leurs voisines ou favoriser la carrière de leur époux. Norman Saylor va en faire l’amère expérience. Lui le cartésien pur jus, professeur de sociologie et auteur d’une étude intitulée « Superstitions et névroses » se retrouve confronté à l’irruption du merveilleux dans son existence. Et le bougre va mettre rudement longtemps avant de rendre les armes et reconnaître que la magie, blanche ou noire, existe bel et bien.
L’essentiel du roman traite d’ailleurs de sa prise de conscience et de son acceptation progressive du phénomène magique. Tout au long de l’histoire nous le voyons repousser les explications fantastiques et justifier l’inexplicable à grand renfort de coïncidences, de maladies mentales et autres suggestions hypnotiques. Et même lorsqu’il se rend à l’évidence, il tente encore de rationaliser et de réduire ces manifestations surnaturelles à une conjonction de facteurs tout à fait normaux.
Partant du constat que les pratiques magiques existent dans toutes les cultures et toutes les religions, il décide de les confronter les unes aux autres, de les comparer afin d’en retirer quelques principes irréfutables comme pour la physique ou la chimie. Il en vient ainsi à établir un parallèle entre formule mathématiques et formules magiques ; la sorcellerie n’est qu’une science comme une autre, les incantations des théorèmes et les potions des précipités chimiques. Cette approche « rationnelle » de la sorcellerie dépoussière agréablement ce thème de la littérature fantastique. C’est sans doute l’aspect le plus intéressant de ce roman qui nous propose aussi une jolie peinture de la vie dans une petite ville universitaire de province.
Il est en effet possible de voir aussi dans « Ballet de sorcières » une critique timide de la société américaine des années cinquante et de la place qu’elle réservait aux femmes. Cantonnées dans le rôle d’épouse et de mère, les américaines d’alors (et les femmes en général) n’avaient que peu d’occasions de s’épanouir. Grâce à la sorcellerie, Fritz Leiber leur permet de prendre leur revanche. Elles ont enfin un domaine qui n’appartient qu’à elles, où elles peuvent s’épanouir et s’affranchir de la tutelle des hommes.
Le Masque Fantastique - 1976
L'ERE DES MIRACLES - JOHN BRUNNER
Dans ce roman, John Brunner ne perd pas de temps en préambules et introductions superflues et nous plonge immédiatement dans l'atmosphère chaotique et précaire qui règne sur cette Terre bouleversée par une invasion extra-terrestre. L'environnement géopolitique y est en effet profondément modifié et nous mesurons rapidement l'étendue du désastre. Entre une présence extra-terrestre toujours dangereuse et la montée en puissance de chefs de guerre, les gouvernements (ou ce qu'il en reste) de la Russie, du Canada et des États-Unis ont du pain sur la planche.
Et c'est cette double menace qui donne l'orientation générale de l'intrigue puisque nous suivons d'une part les recherches entreprises par une poignée de scientifiques américains et russes pour pénétrer dans les cités stellaires et d'autre part la lutte des autorités contre l'inquiétant Grady ou le terrible Buishenko. L'essentiel de l'action se déroule d'ailleurs dans l'un des territoires gouvernés par ces petits despotes et la description de ce nouveau Far West occupe une bonne part du récit. On y croise de tout : des trafiquants et des prédicateurs, des porte-flingues et des mendiants, des truands et des mystiques. Les fortunes s'y font et s'y défont en un tournemain et la vie humaine n'y a pas grande valeur. C'est pourtant là, à proximité des mystérieuses cités aliens, que se joueront l'avenir des dernières démocraties et de l'humanité ainsi que les destinées de quelques personnages.
C'est très rapide, peut-être un peu trop puisque quantité de détails nous échappent, mais l'essentiel de l'intrigue se déroule tranquillement jusqu'à son terme. Il m'aura juste manqué un personnage charismatique au pas duquel on aurait envie de s'attacher. Mais passons et signalons une fin intéressante qui, bien que ne répondant pas à toute les questions (qui sont les extra-terrestres, d'où viennent-ils, qu'elles sont leurs motivations ?), ouvre de vastes perspectives et fait sacrément penser à « Stargate » et ses portes des étoiles. Mais j'en ai déjà trop dit...
Albin Michel - Super Fiction - 1977
PARTAGE DES VIVANTS - LOUIS CALAFERTE
LES HOMMES STELLAIRES - LEIGH BRACKETT
J'aime bien de temps à autre me plonger dans un bon vieux space-opera comme en écrivaient les anglo-saxons dans les années 50/60. Cette fois-ci, mon choix s'est porté sur un roman de Leigh Brackett, connue pour ses cycles martiens mais aussi comme épouse de Edmond Hamilton, le papa du capitaine Flam. Le résultat fut conforme à mon attente. Des vaisseaux spatiaux en pagaille, des planètes à foison, des constellations, des spatioports, des humanoïdes, bref, tous les fondamentaux du genre étaient fidèles au rendez-vous.
J'ai donc pu, quelques heures durant, goûter au charme un peu naïf de la science-fiction d'antan. Certains passages m'ont tout de même fait sourire et il ne faut pas être trop regardant sur les explications qui nous sont fournies concernant la propulsion des fusées ou la prédominance de la race humanoïde à travers l'univers. Un peu d'indulgence aussi pour la charmante idylle, très sage et bien proprette, vécue par le couple de héros et sur laquelle pèse la menace d'un dangereux rival !
Le Masque - Science-Fiction - 1974
LA TERRE ENDORMIE - ARCADIUS
L'OEIL DERRIERE L'EPAULE- JEAN-PIERRE ANDREVON
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