Julliard - 2007
SF EMOI II
De la SF... Oui, mais pas que !
LE MAGASIN DES SUICIDES - JEAN TEULE
TERRASSEMENT - BRIAN ALDISS
Ce roman de Brian Aldiss vaut surtout pour sa description d'une Terre transformée par l'homme, soumise, épuisée, exsangue. Nous découvrons des continents entiers transformés en open-field et subissant les effets néfastes d'un productivisme porté à son paroxysme. Nous pénétrons dans des villes érigées sur d'immenses plateformes où la promiscuité est telle que les gens traînent dans les rues plutôt que rester dans leurs minuscules habitations. Nous côtoyons un temps les voyageurs qui refusent l'existence que le système leur impose et vivent traqués dans les ruines des anciennes cités. Nous rencontrons la secte des abstinents qui s'oppose au suicide collectif que représente une natalité non maîtrisée et nous abordons le continent africain riche d'espoir mais divisé et au bord de la guerre.
Un livre sombre et d'un abord difficile. Le récit y est fait à la première personne par un individu qui, de son propre aveu, est victime d'hallucinations. Les flash-backs y sont fréquents et l'on passe, sans crier gare et sans aucun souci de chronologie, du présent à diverses périodes de son passé. Pourtant il vaut la peine de s'y accrocher ne serait-ce que pour le décor qu'il nous brosse d'un monde surpeuplé en proie à une famine chronique mais aussi pour les états d'âme de son héros, désabusé mais refusant d’abdiquer tout espoir.
Le Masque Science-Fiction - 1979
LES ETRES VAGUES - B. R. BRUSS
Et encore un bon vieux space-opéra à l'ancienne du très prolifique B. R. Bruss. Pas ou peu de surprises dans cet opus qui reprend le thème archi connu du naufragé de l'espace tentant de survivre sur une planète inhospitalière. Sa seule originalité réside dans le fait que ce récit se double d'une intrigue concernant le rapt d'un vaisseau et la détention de son équipage par une mystérieuse race extra-terrestre.
Le premier tiers du roman qui traite de l'arrivée de Dor Bophals sur la planète P2 de sel 72115 et de sa rencontre avec une autochtone blessée, est de loin le plus intéressant. Bruss y décrit très bien ce "premier contact" et les difficultés que les deux espèces intelligentes doivent surmonter pour parvenir à se comprendre et s'entraider. L'auteur fait preuve d'une belle inventivité pour nous montrer l'évolution de leurs rapports au fur et à mesure qu'ils parviennent à communiquer et apprennent à se connaître. L'amitié profonde qui finira par se nouer entre eux m'a rappelé celle qui unissait les deux héros de "L'otarie bleue", autre roman de l'auteur mettant en scène les rapports privilégiés entre un homme et une extra-terrestre.
Le reste de l'histoire est plus décousu. La découverte de la civilisation des Glenss, le récit de la captivité de l'équipage du Sirf puis la lutte des Glenss et des terriens contre ces fameux "Etres vagues" sont vite expédiés et ne présentent guère d'intérêt. Et que dire de la fin qui n'apporte aucune réponse quant à la nature de ces Aliens et leurs motivations ? Volonté de laisser libre cours à l'imaginaire du lecteur ? Panne d'inspiration ? Envie d'en finir au plus vite ? Sans doute un peu des trois...
Fleuve Noir Anticipation - 1972
LA TRAQUE - RICHARD MATHESON
CELL - STEPHEN KING
LE MAISONS D'ISZM - JACK VANCE
Si l'on devait situer 'Les maisons d'Iszm" dans l'oeuvre de jack Vance, je dirais qu'il appartient à la veine humoristique de l'auteur aux côtés de romans tels que "Space Opera" ou "Les mondes de Magnus Rudolph"". Mais attention, humoristique ne veut pas dire comique. Ici, on est bien loin de la grosse farce ou de la parodie. L'humour que manie Jack Vance est plutôt noir et le rire de ses personnages carrément jaune. L'ironie est aussi particulièrement présente notamment dans les nombreux et somptueux dialogues.
De fait, nous sommes embarqués dans une magistrale comédie des apparences où personne ne dit ce qu'il pense, ni ne fait ce qu'il dit. Et à ce jeu de dupe le héros du roman n'est pas le plus fort. Il se fait balader d'un bout à l'autre de l'histoire et ne peut opposer à ceux qui se jouent de lui qu'une énergie fantastique et une volonté de fer.
Côté dépaysement, l'auteur nous a habitué à mieux. Ici, on devra pour l'essentiel se contenter de ces fameuses maisons qui donnent leur nom au roman. Des maisons, ou plutôt des arbres jalousement cultivés par les iszmiens puis patiemment modifiées pour apporter un incroyable confort à leurs habitants (sève aux vertus médicinales, nettoyantes ou relaxantes, ouvertures ou pièces supplémentaires apparaissant à la demande...) et dont l'exploitation lucrative suscite les appétits de quantité d'autres planètes.
"Les maison d'Iszm" est donc un roman mineur mais pas pour autant dénué de qualités. On y remarquera ainsi une petite critique des excès du capitalisme avec ces milliardaires prêt à tout pour ajouter quelques zéros à leur compte en banque et cette planète bien décidée à conserver pour elle seule la manne financière que représente l'exportation des ses "maisons".
Pocket SF - 1985
CUL-DE-SAC - DOUGLAS KENNEDY
LE CULTE DE LA LUNE D'OBSIDIENNE - JAMES LOVEGROVE
Ici, on a trois cent pages bien tassées d'un récit solide et bien mené mais qui manque un peu de bruit et de fureur comme dirait ce cher Faulkner. la faute à un Conan qui m'a semblé un peu trop policé. Faut dire que voir le cimmérien faire des visites de courtoisie à ses amis nordiques, accompagner monsieur à la taverne, jouer les baby-sitter et se laisser cogner par une femme, c'est peut-être tendance, mais ça fait quand même un drôle d'effet. pour ma part je préfère un Conan plus taiseux, taciturne, revêche même. un barbare qui ne rechigne pas à aider autrui si tel est son bon plaisir mais qui ne s'impose aucune obligation. Un Conan plus "carpe diem" qui ne théorise pas sur sa condition et se contente de prendre les choses comme elles viennent.
D'ailleurs, l'un des principaux reproches que je ferais au roman de Lovegrove, c'est d'être trop verbeux. Le style de Howard est, ce me semble, plus raccord avec son personnage, avec des phrases courtes et sèches, pas ou peu de figures de style, pas de jeu de mot, pas de fioritures. Comme son héros, il va à l'essentiel. ici, on se perd tout de même un peu en chemin et ça alourdit pas mal le récit.
Lovegrove s'en sort heureusement beaucoup mieux avec son intrigue divisée en deux parties d'égale longueur. La première nous emmène en pays shémite, dans la cité d'Eruk où Conan se lie d'amitié avec un couple et son fils fuyant la vengeance d'une tribu d'aesirs. Quelques bastons et un peu d'humour font agréablement passer le temps en attendant ce que l'on espère être une empoignade d'anthologie entre le barbare et les vilains nordiques qui leur collent aux basques. hélas, le quintette de grands blonds se fait trucider en deux coups de cuiller à pot sans que Conan n'ait à lever le petit doigt. Déception !
J'ai donc beaucoup plus apprécié la seconde partie qui se déroule dans les Terres Pourries au sud du Kush. Là, l'auteur fait preuve d'une belle imagination pour nous concocter de belles saloperies, animales ou végétales, mais toujours prêtes à croquer l'humain imprudent qui passerait à portée de leur appétit. Il y aura aussi une cité cachée, les derniers représentants d'un peuple décadent et un abominable Grand prêtre qui, pour une fois, ne vient pas de Stygie !
Au final, le Conan de Lovegrove est un pastiche tout à fait honorable avec une intrigue qui tient la route et des personnages bien travaillés. Je n'y ai pas retrouvé le héros howardien de mes souvenirs, mais j'ai quand même passé un bon moment.
Bragelonne - 2026
REVIVRE ENCORE - ROBERT SILVERBERG
A partir de cette idée pour le moins surprenante, Robert Silverberg nous a concocté une chouette intrigue qui joue sur plusieurs registres, de l'enquête policière au thriller économique. Dès les premiers chapitres, tout est déjà en place et nous suivrons tour à tour une jeune femme qui enquête sur la mort suspecte de sa persona, deux hommes d'affaires qui cherchent à s'approprier l'esprit d'un célèbre capitaine d'industrie et un homme luttant contre une persona qui tente de prendre le contrôle de son "moi".
Tout cela donne lieu à des scènes drôles et angoissantes qui dessinent le portrait au vitriol d'une société où les nantis ne se contentes plus de désirer toujours plus mais souhaitent également en profiter ad aeternam.
Pocket SF - 1984
LA NUIT DES ENFANTS ROIS - BERNARD LENTERIC
LE MAGASIN DES SUICIDES - JEAN TEULE
« Vous avez raté votre vie ? Avec nous vous réussirez votre mort ! » Telle est la devise du magasin des suicides, maison tenue avec passion ...
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Dès ses premières incursions dans le domaine de la science-fiction, Pierre Pelot s’est fait remarquer par la poésie rageuse de son écriture ...
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Si je savais Robert Sabatier passionné de poésie, j’ignorais en revanche qu’il portait un intérêt presque égal au théâtre. Il n’est donc pas...
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Après qu'un vaisseau d'exploration ait été détruit par un mystérieux "cercle de feu" au coeur de la constellation du Sagit...








