LES HOMMES STELLAIRES - LEIGH BRACKETT

La vie de Michael Trehearne bascule le jour où il rencontre Kerrel et Shairn, deux représentants de la race des Varddas qui reconnaissent en lui l'un des leurs et acceptent de le ramener sur leur planète natale : Llyrdis. C'est ainsi qu'il découvre la société Vardda et son peuple de commerçants et d'infatigables voyageurs, les seuls à avoir accompli la "mutation" qui permet de supporter les voyages interstellaires. Or, la technique permettant cette mutation a disparue 1000 ans plus tôt en même temps que son inventeur, Orthis. Depuis, les Varddas profitent d'un monopole commercial incontesté qui n'est pas sans soulever quelques rancœurs parmi les autres peuples. Après quelques aventures sur de lointaines planètes, Michael se rangera aux côtés des orthists, ces opposants qui souhaitent retrouver le vaisseau du célèbre inventeur et partager sa découverte avec tous les peuples de l'univers. 

J'aime bien de temps à autre me plonger dans un bon vieux space-opera comme en écrivaient les anglo-saxons dans les années 50/60. Cette fois-ci, mon choix s'est porté sur un roman de Leigh Brackett, connue pour ses cycles martiens mais aussi comme épouse de Edmond Hamilton, le papa du capitaine Flam. Le résultat fut conforme à mon attente. Des vaisseaux spatiaux en pagaille, des planètes à foison, des constellations, des spatioports, des humanoïdes, bref, tous les fondamentaux du genre étaient fidèles au rendez-vous. 


J'ai donc pu, quelques heures durant, goûter au charme un peu naïf de la science-fiction d'antan. Certains passages m'ont tout de même fait sourire et il ne faut pas être trop regardant sur les explications qui nous sont fournies concernant la propulsion des fusées ou la prédominance de la race humanoïde à travers l'univers. Un peu d'indulgence aussi pour la charmante idylle, très sage et bien proprette, vécue par le couple de héros et sur laquelle pèse la menace d'un dangereux rival ! 


Ceci étant et malgré son déroulement simple et conventionnel, ce roman est un peu plus profond qu'il n'y parait. Il pose en effet une importante question qui constitue d'ailleurs le cœur même de l'histoire : une nation peut-elle conserver pour elle seule une découverte scientifique ou bien doit-elle la partager avec les autres peuples ? Je dois avouer que j'ai été surpris de trouver une réflexion de ce genre dans ce roman. L'époque (1956) et la nationalité de l'auteur ne m'y avait pas préparés. La preuve qu'il ne faut jamais se laisser guider par ses préjugés !


Le Masque - Science-Fiction - 1974

LA TERRE ENDORMIE - ARCADIUS

A la suite d'une expérience qui a mal tourné, tous les mammifères de la planète, dont les hommes, se trouvent plongés dans un profond sommeil. Seuls sont demeurés éveillés les quelques savants responsables de la catastrophe, leur commanditaire et ses hommes de mains. Tandis que les premiers cherchent un remède à Londres ou Paris et que les autres jouissent de la situation, la végétation en profite pour reprendre ses droits !

C'est la couverture de ce livre trouvé chez mon bouquiniste favori, qui m'a incité à en faire l'acquisition. Difficile en effet de résister à la vision de ces immeubles submergés par une végétation luxuriante et à son titre accrocheur quand on est, comme moi, amateur de récits post-apocalyptique. Car voyez-vous, ces quelques indices associés au résumé de la quatrième de couv' m'ont immédiatement fait penser à un livre du genre. Ce en quoi je n'avais pas tout à fait raison. 

On ne peut en effet pas vraiment parler de post-apo à propos de ce roman puisque c'est surtout la catastrophe, sa genèse, son déroulement et les bouleversements qu'elle induit qui intéressent l'auteur. L'après, le comment les survivants s'organisent n'est pas envisagé et, de toute manière, l'histoire se termine sur la promesse d'un retour à la normale. En fait, si je devais lui trouver une filiation, ce serait plutôt avec les romans catastrophes de "l'école britannique" et plus particulièrement avec les "Triffides" de John Wyndham car, dans ces deux livres, l'humanité est victime d'un fléau qui permet au règne végétal d'occuper le devant de la scène. 

Pour ce qui est de l'écriture, des dialogues ou du rythme, on est bien dans le ton de ce qui se faisait en France au début des années soixante. C'est particulièrement sensible avec les personnages qui demeurent assez convenus : un héros fort et néanmoins intelligent (c'est un chercheur !), une héroïne belle et volontaire (c'est une journaliste !) et un méchant tout à fait caricatural, à la fois savant fou et milliardaire mégalomane. Il y a même le petit détail qui tue avec cette inquiétante main métallique dont paraissent dotés tous les affreux de la littérature populaire ! 

On notera malgré tout quelques scènes de violence gratuite qui surprennent et dénotent dans ce livre par ailleurs bien sage. On y voit ainsi des soudards faire des cartons sur les passants endormis, en défenestrer quelques autres ou assister comme au spectacle au déraillement de trains que la main de l'homme n'est plus en mesure d’arrêter. Nous avons aussi quelques belles descriptions d'un Paris non pas désert, mais figé. Un peu comme si le temps s'était arrêté, transformant la ville en un gigantesque musée Grévin. Plus loin, l'auteur nous propose une jolie peinture d'une nature émancipée et comme prise de frénésie. Des rosiers barbelés, des lianes serpentines et des fleurs carnivores s'attaquent à de pauvres humains transformés en gibier. 

Lisez-le ! C'est classique mais néanmoins surprenant, désuet mais original.

Hachette -  Le Rayon Fantastique - 1961

LE GOUFFRE DE LA LUNE - ABRAHAM MERRITT

Un professeur américain, un soldat britannique, un marin norvégien et un aventurier russe découvrent sur un îlot du Pacifique une entrée vers l’antique Mû. Ils vont très vite être confrontés à une société violemment clivée où s’opposent les adorateurs de l’Etre de lumière et les partisans des Trois Silencieux.

Il m’arrive parfois, avant de rédiger mes petites chroniques, d’aller consulter celles que j’ai déjà pondues sur le même auteur. Et bien m’en pris cette fois-ci car j’aurais sans nul doute paraphrasé celle consacrée aux « Habitants du mirage ». Remarquez, il n’y aurait rien eu que de très normal. Les deux bouquins sont des histoires de mondes perdus construites sur des schémas quasiment identiques. 


Dans l’un et l’autre cas il est en effet question d’un groupe de scientifiques et d’aventuriers catapulté au coeur d’une antique civilisation et qui se trouve mêlé à la lutte millénaire que se livrent deux factions rivales. Cruelle sorcière ou redoutable prêtresse, adorateurs d’un démon lunaire ou d’une entité extra-terrestre, audacieux géologue ou anthropologue tenace, guerre civile ou affrontements raciaux, les personnages et les ingrédients sont à peu près les mêmes.


On notera cependant quelques différences dont la plus notable concerne la nature des civilisations mises en place. Médiévale et rétrograde pour « Les habitants du mirage », elle est ici technologiquement très avancée et fondée sur une utilisation originale des champs magnétiques permettant à la fois de déplacer les véhicules, de créer des cloisons ou de rendre invisible les soldats…


Pour le reste, rien de bien passionnant à signaler. Passées les phases de découverte et d’acclimatation, les intrus ont tôt fait de rompre le fragile équilibre qui régnait entre les deux camps et précipiter la confrontation finale. S’ensuivent quelques combats au cours desquels nos héros s’illustrent bien sûr par leur bravoure et leur dévouement, et c’est déjà fini.


J'ai Lu - Science-Fiction - 1975

DE VAGUES ET DE BRUME - JEAN-PIERRE ANDREVON

En 2248, la Terre est profondément différente de ce qu'elle était au XXIème siècle. Les catastrophes climatiques ont modifié sa géographie et la "Nouvelle Fédération Mondiale" préside désormais à sa destinée. Lucy Liu, jeune franco-chinoise dotée de facultés sensorielles particulières est l'un de ses agents. Sa nouvelle mission va l'emmener au coeur du croissant de San Juan, un conglomérat d'îlots nés de l'effondrement de la faille de San Andreas. C'est là que le docteur Josserand Mulstein, généticien de renom, est soupçonné d'avoir trouvé refuge. Lucy doit vérifier cette hypothèse et surtout, s'assurer qu'il ne s'y livre pas à des recherches interdites. 

Entre nouvelle un peu longuette et roman trop court la novella est un format bâtard qui convient néanmoins à certains récits. C'est le cas pour ce petit texte dynamique et sans temps morts dans lequel Monsieur Andrevon nous propose sa version de " L'île du Dr Moreau ". Enfin, plus qu'une nouvelle version, il s'agit davantage d'une variante moderne du roman d'H. G. Wells. Les deux œuvres ont en commun le cadre insulaire de leur action, la figure du savant isolé et les manipulations génétiques. En revanche les motivations de Moreau et de Josserand sont profondément différentes puisque le premier veut "humaniser" les animaux tandis que le second souhaite améliorer l'espèce humaine grâce à eux. 

Guère plus de ressemblance du côté des autres personnages. Lucy est une femme moderne et émancipée à cent lieues du naufragé de Wells et les îliens qui peuplent l'archipel sont une création originale. La description de leurs mœurs archaïques et de leur environnement est d'ailleurs l'un des aspects les plus plaisants du récit. Les igloos de pierre qui constituent leur habitat, les vents incessants qui balaient leurs îles ou l'originalité de leur cellule familiale (la mariade) sont convaincants. Convaincante aussi est la chute, légèrement surprenante et bien amenée. 

Le Rocher - Novella SF - 2004

LE FELIN GEANT - J. H. ROSNY AINE

Alors qu’ils explorent une caverne profonde, Aoûn, le fils de Naoh, et Zhoûr, le dernier des hommes sans épaules, découvrent un passage vers une autre vallée. Ils décident alors d’explorer ce nouveau monde, sa faune et sa flore, ses ressources et ses dangers. Ils feront ainsi connaissance avec une tribu de femmes et un lion gigantesque avec lesquels ils affronteront les hommes-dholes, une horde de terribles anthropophages.

Sensé être une suite à « La guerre du feu », ce livre en constitue plutôt une copie à l’identique. A l’instar de son illustre prédécesseur il nous narre en effet les aventures d’un courageux guerrier confronté aux multiples dangers d’un environnement hostile. Rosny aîné s’y livre de nouveau et avec toujours autant d’emphase à d’abondantes descriptions d’une nature encore intacte et des bêtes fabuleuses qui la peuplent. 


Il en profite également pour évoquer les balbutiements d’une humanité encore bien fragile et notamment les premières tentatives de l’homme pour vivre en harmonie avec son environnement et en bonne entente avec ses semblables.


« Le félin géant » constitue donc une lecture dont on peut aisément se dispenser à moins d’être un adepte du grand Rosny ou amateur de récits sur les temps préhistoriques.


Gérard - Bibliothèque Marabout - 1975

LE SOLEIL DU DESERT - ANDRE DHÔTEL

"Le soleil du désert" est très représentatif de la manière de faire d'André Dhôtel qui, dans la plupart de ses romans, s'ingénie à rendre poreuse la frontière entre le réel et le merveilleux. ici, les premiers chapitres nous donnent le sentiment de pénétrer dans un monde enchanté. Comme Dorothy, transportée avec sa maison dans le pays d'Oz, le jeune Jonas se voit conduit pendant son sommeil au coeur d'une contrée inconnue, dans un village sans nom, peuplé d'individus improbables. En quelque pages, le voilà qui rencontre un géant qui déteste les cravates, un astrologue philosophe, un somnambule farceur, une voyante rébarbative, deux vagabonds célestes... Les situations et les événements étranges se succèdent. Les villageois semblent se méfier de lui, une lumière apparait chaque nuit sur la colline et un air de banjo se fait entendre tous les soirs sans qu'il soit possible d'en identifier la provenance. Il y a aussi Suzannah, la jeune femme aux yeux verts dont les rares apparitions semblent mettre tous les habitants de la contrée en émoi... Jonas ne sait plus s'il est éveillé ou plongé dans les bras de Morphée (Comment peut-on savoir si l'on rêve ou si l'on ne rêve pas ?), et finit par se laisser porter par les évènements.

Et puis, alors que le mystère est à son comble, Dhôtel va s'appliquer à déconstruire cette atmosphère onirique. Chaque bizarrerie, chaque incongruité va recevoir une explication rationnelle et tout reprendra sa juste place : "Ainsi tous les évènements qui avaient semblé impossibles se ramenaient peut-être à des proportions ordinaires". Ce "retour à la normale" se fait via trois confessions successives qui, à la façon de récits enchâssés, viennent illustrer le passé plus ou moins récent de plusieurs protagonistes de l'histoire. Cela permet aussi à l'auteur d'ouvrir son récit à d'autres lieux et d'autres personnes et nous voyageons ainsi jusqu'à Paris et même jusqu'au désert du Nevada !

"Le soleil du désert" est donc avant tout un roman d'ambiance dont l'intrigue repose tout entière sur la personnalité pour le moins insaisissable de son héroïne. Une jeune femme de tempérament dont l'inflexibilité et l'influence qu'elle exerce sur les autres rappelleront peut-être à certains le personnage d'Agathe de "La route inconnue".

Phébus Libretto - 2005

LA TREIZIEME GENERATION - P-J HERAULT

Ayant découvert que le gouvernement terrien déporte sur de lointaines planètes toute personne suspectée d’avoir une attitude subversive, Ross décide de prendre les devants et organise avec l’aide de son ami Berkel sa propre déportation vers une planète accueillante. Treize générations et quelques siècles plus tard, leurs descendants sont de nouveau confrontés à l’impérialisme de la Terre…

 La première réflexion que je me suis faite en lisant ce livre, c’est d’avoir été induit en erreur par les titres des deux romans. L’on s’attend en effet à ce que le premier tome soit consacré à Ross et Berkel, à la façon dont ils quittent la Terre et mènent à bien leur installation sur leur planète d’adoption. Mais il n’en est rien. Seul un long prologue leur est consacré (histoire de planter le décor), tandis que le reste de l’histoire s’intéresse au sort de leur lointains descendants. Rien de bien grave à cela bien sûr, à condition toutefois que l’histoire de ces fils de déportés confrontés à la civilisation terrienne tienne toutes ses promesses.


Malheureusement qu’avons-nous au final de vraiment excitant ? Pour l’action : deux crashs, celui d’un avion et celui d’un ULM. Pour le suspens : un soupçon d’enquête sur les motivations des envahisseurs ainsi que la menace que fait peser sur la vie du héros un groupe de terroristes. C’est tout de même bien peu pour un roman de plus de 300 pages !


Fleuve Noir Anticipation - 1990                                                                                         
   
                                                                                    

OTAGE DE LA NUIT - RICHARD MATHESON

Ellen et David Cooper ont loué une petite maison en bord de mer et espèrent mettre à profit leurs vacances pour faire le point sur leur couple. Mais ils ignorent qu’une ravissante jeune femme hante les lieux et qu’elle a la fâcheuse habitude de séduire tous les hommes qui passent à sa portée.  Très vite, David succombe à la tentation et ne parvient plus à s’affranchir de sa dépendance vis à vis d’elle. Mais qui est donc cette Marianna ? Une bombe sexuelle dépourvue de la moindre parcelle de moralité ou un succube se nourrissant de l’énergie de ses victimes ?

J’aime assez la façon dont Richard Matheson aborde le thème du fantôme. Une approche plus psychologique que spectaculaire qui nous fait hésiter un temps avant de reconnaître la présence du surnaturel. Ainsi, dans ce roman, l’esprit cartésien demeure longtemps indécis et partagé entre deux explications : pur esprit ou projection des fantasmes d’un quadragénaire, fantôme ou délire né d’un sentiment de culpabilité ? 


Finalement, c’est l’auteur qui, délibérément, met fin au suspense pour nous brosser le portrait diabolique d’un esprit, certes désincarné, mais qui aspire à goutter encore aux plaisirs de la chair. Ces plaisirs sont d’ailleurs abondamment illustrés et donnent lieu à quelques scènes très chaudes et particulièrement explicites !


L’autre intérêt de ce roman réside dans la peinture très réaliste d’un couple au bord de la rupture. Tout y est : les aspirations différentes et parfois contraires d’un homme et d’une femme, les non-dits, les ressentiments et même les pathétiques tentatives de réconciliation sur l’oreiller.


Après « Echos », Matheson signe donc une nouvelle réussite dans le domaine du fantastique et des histoires de fantômes et de possession.


Denoël - Présence du Fantastique - 1990

ECLIPSES 2000 - LINO ALDANI

Appétence pour le pouvoir, soif inextinguible de connaissances, instinct de survie et toutes ses compromissions, peur de l'inconnu, en quatre textes Lino Aldani nous expose avec un peu de cynisme mais hélas aussi beaucoup de justesse, les mauvais penchants de l'espèce humaine.

Longue nouvelle ou court roman, "Eclipses 2000" est une histoire de vaisseau générationnel qui nous semble au départ assez classique. Un jeune colon du "Terra Madre" lancé depuis plus d'un siècle à travers l'espace, conçoit des doutes sur la réalité de ce voyage sidéral. Et si le vaisseau n'était jamais parti ? Une quête de vérité qui se transforme en une intéressante réflexion sur l'exercice du pouvoir.

"De l'autre côté du rivage" est en revanche un texte court et percutant qui pose une question simple : quelle valeur ont nos plus beaux principes lorsque notre existence est en jeu ? Sur la planète Igea toutes les ressources, y compris les populations autochtones, sont la propriété d'une multinationale qui les exploite sans vergogne. Une façon de faire qui heurte les visiteurs terriens... jusqu'à un certain point.

"L'ennemi invisible" et "Double échec" ont en commun d'être des monologues intérieurs qui nous font pénétrer l'esprit de deux individus soumis à une pression extrême. Qu'il s'agisse de lutter contre l'environnement délétère de la planète Mars ou de battre aux échecs un ordinateur de dernière génération, mieux vaut avoir confiance en soi et être sûr de son couple !

Denoël - Présence du Futur - 1980

SCENES DE GUERRE CIVILE - JEAN-PIERRE HUBERT

A l’issu de la grande guerre qui a ravagé le continent européen et l’a rendu impropre à la vie, les survivants ont été recueillis par le gouvernement panafricain. Mais les dissensions, puis la guerre, ressurgissent entre ces réfugiés cantonnés dans les strictes limites de la concession de Maldora. Le petit territoire et sa capitale ne sont bientôt plus qu’un champs de ruines que se disputent deux factions rivales.Altmann, pacifiste convaincu et seul détenteur de la technologie « Linden-Gourov » qui permet de créer des défenses électromagnétiques naturelles, tente d’édifier un îlot de paix au milieu des combats, tandis que plane la menace des armes censurées.

Bien qu’ayant été écrit au début des années 80 et s’inspirant sans doute de la guerre du Liban, ce roman m’a fait penser à la lutte que se livrent Israël, le Hamas et le Hezbollah à Gaza et en Cisjordanie. On y trouve en effet bien des similitudes avec le contexte géographique et politique de ces territoires qui subissent depuis si longtemps la guerre et toutes ses vicissitudes.


Jean-Louis Hubert fait parfaitement ressentir l’absurdité d’un conflit dans lequel les idéologies sont détournées, les alliances incertaines et dont la seule utilité est le renforcement ou l’affaiblissement du pouvoir de quelques dirigeants. Ceci est particulièrement visible dans la description de la ville dévastée où divers groupes s’affrontent pour la maîtrise d’une rue ou d’un pâté de maisons.


Il sait aussi rendre compte de l’âpreté des combats et de la disparition de tout sentiment humain au profit d’un professionnalisme aveugle. Hommes et femmes ne sont plus que des cibles qu’il convient d’abattre par n’importe quel moyen, autorisé ou pas. L’auteur brocarde au passage l’inefficacité et l’hypocrisie des accords internationaux et notamment ceux qui s’attachent à prohiber certaines armes. Ici, en l’absence d’armes à feu, les combattants s’étripent à l’arme blanche et finissent malgré tout par recourir aux « armes censurées ». Et on comprend qu’elles l’aient été, car les effets de la « corrosine » et autres « tortillons vivaces » font froid dans le dos.


« Scènes de guerre civile » est un roman qui ne brille peut-être pas par la complexité de son intrigue (l’histoire toute entière tient dans son titre) mais qui constitue néanmoins un excellent exemple de politique fiction assez pessimiste quant aux penchants de l’espèce humaine.

Le Liban hier, Gaza aujourd'hui, et demain... Maldora ?


Opta - Galaxie-Bis - 1982


LES HOMMES STELLAIRES - LEIGH BRACKETT

La vie de Michael Trehearne bascule le jour où il rencontre Kerrel et Shairn, deux représentants de la race des Varddas qui reconnaissent en...