SF EMOI II
De la SF... Oui, mais pas que !
LE DIABLE EN GRIS - GRAHAM MASTERTON
LA PIERRE JAUNE - GEOFFREY LE GUILCHER
Vu le nombre de post-apos qui sortent ces dernières années, en Blanche comme en littérature de genre, je me demande toujours s'il y a encore moyen de faire du neuf avec ce thème. La plupart du temps la réponse est non. Quelques bonnes idées, de bons personnages mais rien de transcendant. Et puis parfois, le miracle. Une approche originale, une intrigue palpitante, des situations jamais envisagées.. Hélas, j'ai tout de suite su que ce ne serait pas le cas avec le roman de Geoffrey Le Guilcher.
D"abord, parce que l'idée d'un groupe décidé à résister dans un coin de France irradiée a déjà été abordée à plusieurs reprises et ce n'est pas Jean-pierre Andrevon (Les retombées) ou Pierre Marlson (Les compagnons de la Marciliague) qui me contrediront. Ensuite, parce qu'on est pas franchement dans un post-apo. Le monde d'avant, le nôtre, n'a pas vraiment disparu. Il est encore très présent et en état d'envoyer des militaires faire la police dans les territoires évacués. Il constitue même la principale menace à laquelle nos irréductibles bretons doivent faire face, loin devant les problèmes sanitaires ou de ravitaillement. Enfin, parce que "La pierre jaune" est avant tout le récit d'une infiltration parmi un groupe de zadistes, bien plus qu'une histoire de survie dans le monde d'après.
Et de ce point de vue, l'auteur a plutôt bien réussi son affaire. L'intrusion de Jack Banks dans la petite communauté alternative est plutôt bien amenée. sa galerie de personnages (la chaman, le geek, l'ancien de l'E.T.A, le gentil simplet...) apporte beaucoup de crédibilité à son récit et la description de leur quotidien sous contrainte est suffisamment précise pour permettre une immersion convaincante parmi cette tribu de gentils dingos. Mais c'est surtout son flic de héros qui donne corps à ce qui est aussi le compte-rendu d'un cheminement intérieur.
Au contact de sa nouvelle "famille" et d'un mode de vie radicalement différent, il va voir bon nombre de ses certitudes voler en éclat. Il va notamment se rendre compte que si les hurluberlus en tong ou rangers, les chevelus bouffeurs de quinoa, les adeptes de la féralité et autres originaux de tout poil n'ont pas la solution à nos problèmes, ils ont au moins le mérite de tenter et d'innover. Et surtout, ils ont déjà renoncé à notre délétère société du superflu.
A nous désormais de comprendre et admettre que notre survie sur une planète que nous avons lamentablement dégradé réside dans une véritable rupture. Une rupture qui pourrait être librement consentie et accompagnée par les autorités mais qui, j'en suis malheureusement convaincu, finira par s'imposer dans la douleur tant sont puissants le lobbying des industries et la force de notre déni.
Gallimard - Folio SF - 2022
LA DEESSE AUX YEUX VERTS - SAX ROHMER
Et c’est précisément le cas avec ce roman policier où il est question de femme fatale, de château presque hanté, de savant fou et de possession et où les mystères de l’Egypte éternelle viennent brouiller les pistes. Sax Rohmer nous concocte une intrigue sympathique qui nous fait passer un bon moment même si les scènes d’action manquent un peu de nerf.
Une dernière remarque : le meurtrier, docteur aux origines orientales, me semble préfigurer son très célèbre docteur Fu Manchu.
Nouvelles Editions Oswald - Le Miroir Obscur - 1985
DERNIER ALBUM AVANT L'IA - HERRMANN
Les deux derniers nous rappellent que Herrmann est suisse. Cela permet au lecteur de découvrir le regard des helvètes sur l'actualité hexagonale ou mondiale. cela lui permet aussi de se rendre compte que la France n'est pas le centre du monde et qu'il se passe bien des choses de l'autre côté du Léman.
Pour le reste, Hermann nous apporte la preuve que si l'actualité n'est pas toujours très drôle, rien ne nous interdit d'en rire. Il le fait avec force ou finesse, avec ironie ou en sortant l'artillerie lourde. L'occasion pour le quinquagénaire que je suis de jeter un petit regard en arrière et de constater que si certaines choses n'ont guère changées (la politique, l'appât du gain, la bêtise humaine...), le monde a malgré tout sacrément évolué et pas toujours pour le mieux.
Ajoutons enfin que si je ne suis pas particulièrement fan du trait de Herrmann, cela tient plus à l'exercice particulier du dessin de presse qu'à son style graphique. L'obligation d'aller à l'essentiel impose ses contraintes et oblige à prendre des raccourcis. Et en la matière, le monsieur est sacrément doué.
Slatkine - 2025
LE PASSE-MURAILLE - MARCEL AYME
Gallimard - Folio - 1998
ASUTRA ! - JACK VANCE
"Asutra !" est le moins captivant des trois volumes qui composent les « Chroniques de Durdane ». Non qu’il s’y passe moins de choses, loin de là, mais le côté « space-opera » de sa seconde partie se démarque trop du reste du récit. Pour tout dire il m’a paru presque « anachronique », malgré la dimension interplanétaire déjà suggérée par l’intrigue et sa chute trop précipitée.
Certes nous aurons, in fine, toutes les réponses aux questions soulevées. Mais ces révélations nous serons assenées d’un coup, un peu comme si l’auteur, lassé de son récit, avait hâte d’en finir. Néanmoins, j'ai apprécié de retrouver une dernière fois la planète Durdane, la diversité de ses coutumes, ses habitants hauts en couleur et je regretterais longtemps les superbes descriptions de Jack Vance et ses personnages attachants.
Pocket SF - 1987
LES PALADINS DE LA LIBERTE - JACK VANCE
Ce deuxième volet des « Chroniques de Durdane » est tout aussi passionnant que le premier. D'abord parce qu'il en constitue la suite attendue et qu'il apporte à ce titre des réponses aux énigmes posées (d'où viennent les Roguskoïs, quelles sont leurs motivations...).
Ensuite, en raison des nombreux développements apportés tant à l'environnement géographique et institutionnel du Shant qu'aux personnages. L'action se déplace, nous conduit dans de nouvelles provinces et de nouveaux paysages tandis que certains seconds rôles, tout juste esquissés dans le premier volume, gagnent en épaisseur et voient leur importance s'affirmer. Il en va ainsi pour Ifness le terrien mystérieux, Dystar et Frolitz les musiciens et surtout Gerd Finnerack, l'ami d'enfance et bras armé de la lutte contre les Roguskoïs.
Enfin, pour les rebondissements de l'intrigue qui nous font passer d'une aventure « locale » à l'échelle d'un pays, à une machination beaucoup plus vaste et dont l'enjeu dépasse même les limites de la planète.
Pocket SF - 1981
L'HOMME SANS VISAGE - JACK VANCE
Ce premier volume des chroniques de Durdane ne souffre d'aucun temps mort. L'auteur parvient avec un nombre de pages pourtant limité, à planter un décor vaste et fouillé, initier une intrigue captivante et conter par le menu les aventures qui conduisent notre jeune héros à sa révolte contre le pouvoir.
Le récit fourmille de trouvailles surprenantes, tels ces dirigeables reliés à des voies ferrées et formant un « chemin d'air », "l'indenture" qui constitue une forme d'esclavage sous condition de rachat ou encore un alphabet basé sur les associations de couleurs.
Mais si la richesse de cet univers est pour beaucoup dans le plaisir que l'on prend à suivre la destinée du jeune Mur, ses efforts pour débusquer l'Anome ne leur cède en rien et l'on devine que bien des développements sont à venir.
Pocket SF - 1980
O GAMESH, PRINCE DES TENEBRES - PIET LEGAY
LES COUCOUS DE MIDWICH - JOHN WYNDHAM
John Wyndham nous conte ici une originale histoire d’invasion extra-terrestre. Originale, car elle ne ressemble précisément pas à une invasion classique à grands renfort de vaisseaux spatiaux et de petits bonhommes verts (même si la présence d’un OVNI est rapidement abordée).
Ici, l’invasion est plus insidieuse puisqu’elle est le fait d’enfants qui viennent s’immiscer dans la vie bien rôdée d’une petite communauté. D’ailleurs une bonne part du roman s’intéresse à la façon dont cette intrusion est ressentie par les villageois, puis à la peur qu’elle leur inspire.
Nous aurons également droit à d’intéressants débats sur la tolérance à l’égard des minorités puis, lorsque la menace se précisera, sur le droit des espèces à lutter pour assurer leur suprématie. Car le fin mot de l’histoire est là : doit-on au nom de nos principes de paix et de compassion, laisser vivre une espèce extra-terrestre qui risque de supplanter la nôtre.
Ajoutons à cela que ce livre est écrit d’une plume élégante, détachée et tellement so british !
Denoël - Présence du Futur - 1977
LE DIABLE EN GRIS - GRAHAM MASTERTON
A Richmond, Virginie, des meurtres d’une rare violence sont commis par un assassin invisible qui ne laisse pas le moindre indice derrière lu...
-
« Majunga » est la seconde BD du couple Doreau/Larcher qui, après l’univers fantasmé des« Trois visages de Tullula-Belle » nous livre cette ...
-
Mertvecgorod, séquence 7. Aussi pugnace et précis qu’une araignée tissant sa toile, le bonhomme Siébert poursuit ce qui s’apparente de plus ...
-
James Starr est dubitatif. Il vient de recevoir coup sur coup deux missives. La première est signée du contremaître de la mine d'Aberfoy...








