"Fausse aurore" est l'un des post-apo les plus triste et désespéré qu'il m'ait été donné de lire. Et ce n'est pas peu dire s'agissant d'un genre où il est rarement question de jolies fleurs et de petits zoziaux. Le livre reprend d'ailleurs la plupart des canons propres à ce type de littérature et c'est sans surprise que l'on y croise des communautés repliées sur elle-même, des religieux illuminés et des pillards sans pitié. Mais, alors qu'il est souvent question de repartir de zéro et jeter les bases d'une nouvelle société, Chelsea Quinn Yarbro prend le chemin inverse et choisit de nous peindre l'agonie de la civilisation.
Grâce aux pérégrinations de Théa et Evan, elle nous fait découvrir des terres empoisonnées où les rares survivants trouvent à peine de quoi subsister. Elle nous fait ressentir la vacuité de leurs efforts dans un monde où méfiance exacerbée et violence aveugle règnent en maîtres. Un monde où tout espoir en l'avenir semble risible devant le manque de ressources, les malformations des nouveaux nés et la folie meurtrière des hommes. Les deux héros eux même n’ont plus guère d’illusions et cherchent juste à profiter au mieux des rares moments de joie qui s’offrent à eux.
Un roman empreint d’une profonde tristesse mais néanmoins fort beau : le chant du cygne d'une planète moribonde.
Denoël - Présence du Futur - 1980
Il faut peut être mieux être en forme quand on le lit ou est ce que ça nous met dans une douce mélancolie
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