LES FURIES - KEITH ROBERTS

Des essais nucléaires simultanés ont provoqué de terribles séismes qui ont bouleversé la surface de la Terre. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, des guêpes d’une taille et d’une férocité hors normes s’attaquent aux survivants de la catastrophe. A peine sortis des décombres de sa maison, Bill Sampson et son amie doivent donc faire preuve d’audace et d’ingéniosité pour leur échapper et rallier les secours. Mais il leur faut bientôt se rendre à l’évidence : les guêpes constituent désormais la seule force organisée d’Angleterre et, sans doute, du monde. Fait prisonnier par ces insectes, puis interné dans un camp de travail, Bill parviendra à s’évader et, avec une poignée de compagnons, entrera en résistance face à l’envahisseur.

Voici un bel exemple de roman catastrophe tel que les britanniques s’en sont fait une spécialité. Ici, Keith Roberts a la main lourde puisque ce sont deux calamités qui s’abattent sur ces concitoyens : une catastrophe naturelle (encore qu’un peu aidée par l’homme) et une invasion extra-terrestre. Un schéma qui n’est pas sans rappeler « La révolte des Triffides » de John Wyndham, dans lequel les hommes étaient confrontés à un aveuglement général de la population et à une invasion extra-terrestre. C’est d’ailleurs cette conjonction des catastrophes qui explique dans l’un et l’autre cas, la rapidité avec laquelle la société s’effondre et se retrouve à la merci de ses assaillants. Mais la comparaison s’arrête là car, si Wyndham s’attache très vite à nous décrire la façon dont les survivants se réorganisent et entament une lente reconstruction de leur monde, « Les furies » est davantage le récit d’une lutte. 


Ce côté « roman de guerre » est d’ailleurs particulièrement sensible dans la seconde moitié du livre où il est question de camps de prisonniers, de maquisards et de coups de mains. J’ai beaucoup moins apprécié cette partie et l’aurait même trouvée bien terne n’eut été la richesse psychologique des personnages. Keith Roberts nous fait parfaitement ressentir l’état d’esprit qui les anime et les différentes phases par lesquelles ils passent. L’espoir né de leur évasion, l’euphorie des premières victoires, la tristesse liée à la mort d’un camarade ou l’accablement face à l’ampleur de la tâche à accomplir, tout cela est décrit avec beaucoup de justesse et de sobriété. Et comme l’auteur a une jolie plume, cela donne lieu à de fort jolies pages qui compensent largement la faiblesse du dénouement.


Librairie des Champs-Elysées - Le Masque Science-Fiction - 1979

LES FURIES - KEITH ROBERTS

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