STATION SOLAIRE - ANDREAS ESCHBACH

Rien ne va plus à bord de la station spatiale « Nippon ». Toutes ses tentatives de récupération et d’acheminement de l’énergie solaire vers la Terre échouent lamentablement alors que les tests s’étaient jusqu’alors avérés concluants. Suspectant un sabotage, le commandant Moriyama demande au chef de la sécurité, Léonard Carr, de mener une enquête discrète...

« Station solaire » est un roman à double détente. Il débute à la façon d’un roman d’Agatha Christie, nous proposant un huis clos entre neuf personnages isolés et confrontés au meurtre de l’un d’entre eux. Mais, alors que l’on s’attend à découvrir une version SF de ses « Dix petits nègres », la partie de cluedo tourne court et se transforme en véritable thriller. Le flegme britannique cède alors la place au punch américain et l’action se substitue allègrement à la réflexion et à l’introspection.


Malheureusement, ce côté « hollywoodien » est beaucoup trop marqué. L’auteur n’est pas parvenu à éviter les poncifs du genre et notamment celui du « héros désabusé mais conscient de ses devoirs, qui n’a que quelques heures devant lui pour contrecarrer le sinistre projet de dangereux terroristes et sauver ainsi son fils et des dizaines de milliers d’individus ». Ouf !


Malgré cela, Eschbach parvient à maintenir l’intérêt du lecteur grâce à d’excellentes descriptions de la station spatiale et des conditions de vie particulières en apesanteur. C’est d’ailleurs la principale réussite de ce livre que d’avoir su trouver un juste équilibre entre science et romanesque. De la hard science pas chiante, c’est suffisamment rare pour être salué !


L'Atalante - La Dentelle du Cygne - 2000

2 commentaires:

  1. De la hard science , pourquoi pas

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  2. Je viens de terminer la lecture de ce roman. Ayant apprécié "Des milliards de tapis de cheveux" de l'auteur, je n'avais pourtant jamais tenté de lire un autre de ses romans avant cette critique. Au final, un bon petit roman mais auquel il manque un petit quelque chose. Le prologue laisse envisager une partie de l'intrigue, ce qui est un peu dommage selon moi. Je m'interroge sur l'absence, a priori, de version poche: peut-être pas assez rentable, ou ne rentrant pas dans les cases de l'époque.

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