Marcel Aymé est un excellent novelliste. Je m'en étais déjà rendu compte avec les superbes recueils que sont "Le nain" ou, plus connu, "Les contes du chat perché". Mais c'est sans doute avec les dix nouvelles qui composent celui-ci qu'il a donné le meilleur de lui-même. Fantastiques ou non, ayant en commun Montmartre ou l'occupation allemande pendant la seconde guerre mondiale, toutes sont magnifiquement ciselées et contées avec un humour élégant. Et comme en plus l'auteur sait, à l'occasion, introduire ce qu'il faut d'émotion, le résultat est proprement superbe et c'est un régal que de découvrir :
- "Les sabines" : une femme douée du don d'ubiquité se dédouble à l'envie et finit par devenir innombrable.
- "Le ticket" : l'état a décidé de rationner le temps de vie des inutiles (il est à noter que les écrivains sont du nombre !). Une carte de rationnement mensuelle leur est remise et à épuisement de leurs tickets ils disparaissent pour ne réapparaître qu'au 1er du mois suivant. Mais le marché noir sévit et l'on murmure que certains vivraient des mois de cent jours et plus.
- "Le percepteur d’épouses" et "L'huissier" qui mettent en scènes des représentants de ces deux professions si mal aimées.
- "Légende poldève" : critique acerbe et amusante des grenouilles de bénitier et de la société 'bien-pensante".
- "Le décret" : pour en finir avec la guerre, le gouvernement décide de projeter la France une dizaine d'années dans le futur.
- "Le passe-muraille" : où l'on se rend compte que le film avec Bourvil n'est pas tout à fait fidèle.
- "Les bottes de sept lieues" : jolie petite fable sur la misère et l'incroyable imaginaire dont font preuve les enfants
- "Le proverbe" : un père découvre que la vie d'écolier n'est pas une sinécure.
- "En attendant" : quelques Montmartrois font état des misères sans nombre que leur cause la guerre.
Gallimard - Folio - 1998

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