Je suis un inconditionnel de Jean-Pierre Andrevon. J'aime son imaginaire qui embrasse aussi bien le polar que la SF, le fantastique ou la littérature générale. J'aime aussi son style qui fait la part belle à l'ironie et à l'humour pince sans rire. J'apprécie même la crudité de son langage et les scènes de cul qui parsèment ses histoires. Une petite manie qui n'a, à mon sens, rien de dérangeant et ajoute au contraire de la véracité au récit, un petit supplément d'humanité. Et justement, ce que je préfère chez lui, c'est sa façon de représenter l'humain, de traiter de sa place dans la société et de ses relations avec ses semblables.
HYDRA - JEAN-PIERRE ANDREVON
Hydra est une minuscule planète du système du taureau. Une boule d'eau fangeuse plongée dans la brume, la pluie et les nuages, sans la moindre parcelle de terre où poser le pied. C'est pourtant là que séjourne une équipe de scientifiques. Huit individus. Quatre hommes et quatre femmes. Leur mission : découvrir parmi la faune et la flore prolifiques de cette planète, une arme qui permettrait de vaincre les "autres". Les autres, c'est à dire l'ennemi de la race humaine. Des extra-terrestres invisibles et insaisissables dont on sait peu de choses si ce n'est qu'ils sont incroyablement puissants. C'est donc fort logiquement que Val Elkaich, le monsieur sécurité de la petite expédition, suspecte leur main dans la série de meurtre qui endeuille la petite expédition. Mais a-t-il réellement raison de se méfier d'eux ?
Et là on est plutôt bien servi avec des personnages aux caractères bien trempés et fort variés. Le plus grand soin est apporté à leur description, au physique comme au caractère. De façon incidente et l'air de rien, nous découvrons tout d'eux, leur passé, leurs amitiés et leurs vieilles rancunes, leurs désirs et leurs ambitions. Quantité d'informations qui nous permettront d'échafauder toute sorte d'hypothèses quant à l'identité du meurtrier. Car dans le premier tome (Soupçons sur Hydra), il est surtout question de découvrir lequel des huit robinsons volontaires assassine ses petits camarades. Une enquête intelligemment menée, avec ce qu'il faut de fausses pistes et de rebondissements, le tout dans un décor minutieusement représenté. La peinture de la faune locale et des conditions météo de cette planète inhospitalière est d'ailleurs l'autre point fort du roman. L'humidité est partout, les microbes aussi et on ressent parfaitement l'atmosphère de déprime de l'équipe confrontée à la solitude, la promiscuité, la malbouffe et les dangers.
Fleuve Noir Anticipation - 1984
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Ce n’est pas celui qui chante aussi ? Que conseillerais tu comme premier ouvrage à lire pour découvrir JP Andrevon ?
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