Première des trois anthologies consacrées aux créatures des ténèbres publiées par les éditions NéO dans les années 80. Jacques Finn y a réuni les textes de huit auteurs, anglo-saxons pour la plupart, qui s'échelonnent de la fin du XIXème siècle jusqu'au dernier quart du XXème.
Et c'est la goule qui ouvre ce bal des affreux avec une unique nouvelle consacrée à ce monstre qui n'inspire que modérément les auteurs du genre.
"Quietly, now" nous emmène dans une petite bourgade provinciale qui fleure bon son "American Way of Life". Un cadre bucolique, des enfants qui s'amusent, des adultes qui flirtent et, oui, tout de même, quelques touristes qui s'égarent dans les montagnes environnantes. Tout irait donc pour le mieux s'il n'y avait la désagréable Mrs German qui est peut-être bien plus qu'une vieille emmerdeuse... Une nouvelle intéressante qui débute dans la légèreté d'une après-midi ensoleillée et se clos dans une ambiance horrifique des plus sombres.
Place ensuite au loup-garou avec deux histoires extrêmement différentes.
"Pia !" est un huis-clos policier où il s'agit de découvrir lequel des huit invités de la petite sauterie de Hutch est un loup-garou. Un récit d'une grande vivacité qui enchaîne les surprises et les rebondissements.
"Fourrure blanche" a quant à lui de faux airs e vieux conte scandinave. Deux jumeaux se disputent à propos d'une merveilleuse jeune femme. Le premier en est tombé follement amoureux tandis que le second la soupçonne d'être une femme-garou particulièrement retorse. Grands espaces immaculés, peurs ancestrales et don de soi sont au menu de cette épopée miniature.
Avec cinq textes, c'est le vampire qui apporte au recueil son plus fort contingent d'horreurs.
Le principal intérêt de "Pendant que luisait la lune" est d'avoir pour personnage principal Edgar Allan Poe. Le précurseur du fantastique d'outre-Atlantique n'est encore qu'un tout jeune écrivain qui tire le diable par la queue. Un malheureux concours de circonstances va le mettre en présence d'une femme de caractère qui semble dissimuler un bien étrange secret dans la cave de sa vieille demeure victorienne.
"Stragella" est un récit très classique qui a la saveur des récits d'horreur maritime de Hogdson. Deux naufragés abordent un vieux gréement en perdition qui renferme d'étranges caisses dans sa cale ainsi qu'une envoûtante jeune femme. Cauchemars éveillés et volupté érotique sont les ingrédients de ce cocktail méphitique et mortel.
Classique aussi, "Le docteur Porthos" reprend la plupart des clichés associés aux histoires de vampires à l'ancienne : vieux manoir isolé, jeune femme qui dépérit jour après jour, mari désespéré.. Il innove juste un tout petit peu en mettant en scène un vampire médecin. Et quand la raison scientifique se met au service du mal, il ne reste plus guère d'espoir pour les victimes.
"Bois mon sang !" est, de loin, la nouvelle la plus originale du recueil. Richard Matheson s'affranchit presque totalement du mythe pour ancrer son récit dans une réalité bien plus prosaïque. Nous y suivons un ado attardé et pas franchement sympathique qui, après avoir lu le Dracula de Bram Stocker, n'a plus qu'une idée en tête : devenir un vampire. Une histoire triste et inquiétante qui se conclut par une chute assez inattendue.
"Le cercueil 14" est un texte qui vaut surtout pour le ton, ironique et désabusé, avec lequel l'histoire nous est contée. un ton parfaitement raccord avec la personnalité du narrateur, un très vieux vampire revenue de tout et sans grandes illusions sur la nature profonde de ses congénères.
Nouvelles Editions Oswald - 1986

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire