Dépressifs, passez votre chemin !
"La mort de la Terre" est un récit empreint d'un pessimisme profond dans lequel l'auteur met en scène les derniers temps de l'espèce humaine. Au moment où débute l'histoire, l'humanité est déjà moribonde. Quelques milliers d'habitants survivent difficilement dans les rares oasis d'une planète désertique et soumise à d'impressionnants tremblements de terre. Bien que technologiquement avancés, ils peinent aussi à enrayer la propagation des ferromagnétaux, une espèce dont la proximité peut s'avérer mortelle.
L'évocation de cette société en sursis se fait par petites touches et sans jamais vraiment approfondir le sujet. Cela donne néanmoins une bonne idée de son adaptation matérielle et spirituelle à une situation extrêmement précaire. Nous apprenons ainsi que la régulation des naissances est pratiquée, l'euthanasie encouragée et que, d'une manière générale, l'optimisme et la foi en l'avenir ne sont plus d'actualité. La fin est proche. Chacun le sait et la plupart n'essayent même plus de lutter. Seul Targ refuse de baisser les bras en cherchant continuellement de nouvelles sources. Animé d'une volonté de fer, il tentera l'impossible pour sauver d'abord son clan puis simplement sa famille et garder une étincelle d'espoir.
J'ai pour ma part beaucoup aimé la chute de cette novella qui voit le dernier homme accepter l'inéluctable et reconnaître la suprématie d'une nouvelle forme de vie. Une sorte de passage de témoin d'une espèce à une autre. La preuve aussi que le roman porte mal son nom car ce n'est pas à la fin de la Terre que nous assistons, mais à celle de l'humanité. Ne nous en déplaise, la Terre nous survivra et avec elles bien des formes de vie, animales, végétales et, pourquoi pas, minérales...
Ce texte est précédé de deux nouvelles.
La première est une histoire de conquête spatiale assez banale où nous suivons trois astronautes dans leur exploration de la planète Mars. Son seul véritable intérêt est qu'elle préfigure ce que sera le sort des terriens quelques millénaires plus tard. Une planète désertique, quelques îlots de terrains viables, une nouvelle espèce en expansion rapide, le pessimisme et l'atonie des derniers martiens : la Terre ne fera que bégayer le malheureux exemple de la planète rouge.
La seconde est un court récit sans grand intérêt qui nous montre une Terre en proie à une catastrophe environnementale majeure. Peut-être déjà le début de la fin...
Denoël - Présence du Futur - 1983
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire