Si beaucoup de ces histoires ont pour cadre l'Angleterre, l'auteur n'hésite pas à nous transporter dans des contrées bien plus lointaines pour des récits d'aventures exotiques (La forêt infernale, L'étrange manuscrit). Le plus souvent toutefois, le décor est plus commun quoique toujours inquiétant : des ruines (Sneaky, Knuckle et Peu Blow, L'odeur du souffre), des lieux anciens ou reculés (Le fantôme marin, le château du désert), des tavernes mal famées (Deux heures et puis l'absence). Dans tous les cas cependant, le mystère et l'épouvante sont bel et bien au rendez-vous.
"Pour les yeux de Mathilda Smith" est une chouette enquête policière que Conan Doyle aurait volontiers confiée au génie de Baker Street. Londres, des assassinats sans lien entre eux, un mystérieux chef de gang, un policier tenace sont les ingrédients de ce récit passionnant de bout en bout.
Enquête toujours avec "Deux heures et puis l'absence" où un astucieux policier parvient à mettre la main sur un assassin jusqu'ici insaisissable. Un exploit qui lui laissera pourtant un goût bien amer.
"Le fauteuil" est un récit plutôt anodin dans lequel le diable ne joue qu'un rôle indirect. Il est en revanche bien présent dans "L'odeur du souffre" où il remplit parfaitement ses fonctions de vil tentateur de marins affamés.
Lorsque Satan n'est pas à l'oeuvre, ce sont ses affidés qui prennent la relève. Ainsi, "Le fantôme marin" joue un bien mauvais tour au pêcheur qui vient taquiner le goujon sur le ponton qu'il a pris l'habitude de hanter. En revanche, dans "Sneaky, Knuckle et Peu Blow", ce sont bel et bien les trois démons de Pumblemoor qui seront floués par un simple colporteur !
"Cochrane et Jones" et "Le miroir vénitien" sont deux nouvelles dans lesquelles l'auteur explore le subconscient de ses personnages. le premier est une originale histoire de dédoublement de la personnalité tandis que le second met en scène un scélérat confronté à son reflet dans un étrange miroir et, peut-être, à sa conscience.
Place à l'aventure avec quatre récits du bout du monde. "L'étrange manuscrit" nous emmène dans les montagnes chiliennes à la découverte d'une antique civilisation réfugiée dans les flancs d'un volcan tandis que "Flammes vivantes" nous fait découvrir une race étrange autant que dangereuse au coeur du désert du Yucatan. Mexique toujours pour "La forêt infernale" qui nous met en présence d'une créature capable de prendre l'apparence de n'importe quel arbre de la forêt de Monterrey. Quant à "Château du désert", il renouvèle astucieusement l'épisode biblique de la femme de Loth.
"L'énigmatique aventure" ressemble beaucoup à "L'étrange manuscrit" même si l'action se déroule cette fois dans une région minière d'Angleterre, "La dernière peste de Bergame" est une relecture du "Masque de la mort rouge" et un bel hommage à Edgar Allan Poe, "Le convive" est un texte qui mélange fait de société et folklore portugais.
Le récit qui clôt le recueil est sans aucun doute mon préféré. ici, pas de démon ni de fantômes, pas même un brigand ou l'une de ces infâmes crapules qui peuplent les pages des autres nouvelles. Pourtant, "Le voleur" nous propose un personnage qui fait particulièrement froid dans le dos car on ne peut s'empêcher de songer que de tels individus existent réellement. Nous avons en effet affaire à un vieil homme titillé depuis toujours par le désir de supprimer une vie. L'auteur nous montre en détail l'évolution et le développement de cette idée fixe ainsi que la façon dont il parvient à l'assouvir en toute impunité. un récit glaçant !
Nouvelles Editions Oswald - 1984

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