COMME UN LISERON - PAUL BERA

Que peuvent avoir en commun un nanti, une errante et un gueux du « quartier vieux » ? A priori pas grand-chose. Sauf peut-être un don particulier. Celui de tuer par la pensée par exemple. Malheureusement, ceux qui s'y sont essayés n'ont pas survécu à leur victime. Difficile dans ces conditions pour Vana, Larn ou Nel de tenter l'expérience. A moins de découvrir le secret du vieux Géo, l'alsacien du quartier vieux. Mais ils devront faire vite car le Comité Directorial a décidé d'en finir une fois pour toute avec les dissidents de tout poil !

 Les récits fondés sur l'opposition entre des cités bulles où la vie est strictement encadrée par une élite qui détient tous les pouvoirs et un « extérieur » peuplé de bons sauvages sont légion et celui de Paul Béra n'apporte rien de neuf au genre. Son monde reprend le schéma traditionnel de l'affrontement entre ceux de la ville et leur société évoluée mais sclérosée, et les « errants » du dehors qui mènent une vie pastorale, saine et pacifique. Rien d'original donc pour ce roman particulièrement ennuyeux où il ne se passe presque rien.


L'auteur délaye au maximum et ne parvient pas à donner du corps à son récit. Ses descriptions sont minimalistes, les décors à peine esquissés et les personnages manquent de profondeur. Cela a parfois du bon, mais là c'est du foutage de gueule. Tout juste apprends-on que la ville est alimentée par une centrale nucléaire souterraine et que les dissidents ont trouvé refuge dans ses bas quartiers. Quant aux dialogues, insipides, et souvent même ridicules.


Alors quoi d'autre ? Ah oui bien sûr ! Ce fameux pouvoir psy. Cette possibilité de tuer par la pensée dont les personnages sont doté sans toutefois oser s'en servir. Un fameux paradoxe où chacun pense avoir trouvé le moyen de tuer sans risque tout en soupçonnant son voisin d'avoir lui aussi la solution. Et comme personne ne se lance, l'action stagne misérablement jusqu'à un dénouement d'une grande banalité. Paul Béra a du écrire ce bouquin pour respecter son quota de livraison annuelle au Fleuve. Alimentaire mon cher Watson !


Fleuve Noir Anticipation - 1976

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