Maxime Benoit-Jeannin se défend dans sa postface d'avoir voulu écrire un roman d'avant-garde. Cela n'empêche pas son livre d'avoir un petit côté expérimental. Mots en caractères gras pour souligner leur importance, flashs infos ou notices biographique s'intercalant entre les chapitres, noms farfelus des personnages, le style est assurément déconcertant. Mais, au-delà de ces libertés d'écriture, il m'a surtout semblé être le reflet de son époque : celle des années punk.
Cela se sent à la façon dont ses personnages vomissent l'establishment ou critiquent institutions politiques et populations moutonnières. Cela se sent aussi au ton employé, extrêmement cru et provocateur. L'intention de choquer est évidente et ce n'est pas un hasard si les scènes de sexe et de violence foisonnent, si le meurtre succède aux viols, le massacre à la torture. L'auteur ne fait preuve d'aucune pitié envers ses personnages, ne leur laisse aucun espoir, ne leur promet rien d'autre qu'une chevauchée sanglante et désespérée avec la mort au bout. No future !
Mais ce livre n'est pas qu'un exercice stylistique ou un pamphlet libertaire. Il possède aussi une véritable intrigue, une histoire d'espionnage et de manipulation, et l'on y rit souvent des références à notre XXème siècle décadent.
Petite remarque en passant : Brantonne n'a certainement pas lu ce bouquin avant d'en illustrer la couverture car ses motards à tête de chérubins sont bien loin des malfrats crasseux et obscènes du roman !
Kesselring - ici et maintenant - 1978

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