Un concours de circonstances conduit un jeune avocat à soupçonner l'existence d'une organisation criminelle qui s'est donnée pour objectif de saper les fondements de la société. Avec l'aide d'un parlementaire et grâce à ses relations il va tout mettre en œuvre pour s'opposer au cerveau de la "centrale d'énergie" et sortir de ses griffes l'un de ses amis.
Lorsque j'entame la lecture de ce roman, John Buchan ne m'est pas inconnu. De lui, j'ai déjà lu un bon récit d'aventures africaines (Le collier du prêtre Jean) et je le sais auteur des « 39 marches » dont l'adaptation cinématographique d'Alfred Hitchcock a fait la célébrité. Bref, deux bonnes raisons d'espérer une lecture plaisante d'autant que j'apprécie grandement cette catégorie d'écrivains que l'Angleterre a su produire au début du XXème siècle.
Malheureusement, la meilleure des introductions n'est pas forcément gage de qualité et ce premier opus des aventures d'Edward Leithen est bien décevant. Il contient pourtant un certain nombre d'ingrédients qui, pour être classiques, n'en demeurent pas moins digne d'intérêts : une société secrète puissante et mystérieuse, un cerveau dénué de scrupules, des hommes de main prêts à tout, voilà qui promettait du fil à retordre à notre avocat justicier. Mais exception faite d'une tentative d'enlèvement et de manœuvres d'intimidations, l'intrigue est désespérément plate et l'adversaire ne semble pas à la hauteur. Finalement, cette centrale d'énergie, malgré des moyens humains et financiers évidents, ne fait peur qu'à l'auteur. Peut-être faut-il y voir les effets de la crainte qu'inspire à la "bonne société" de l'époque, les anarchistes et les communistes qui commencent à se faire entendre (le roman date de 1916).
Ceci étant, et pour être tout à fait juste, je dois avouer que ce livre est très bien écrit et restitue à merveille l'atmosphère cultivée, élégante et feutrée de la "high society" londonnienne. Aussi me laisserais-je peut-être tenter par quelques autres aventures d'Edward Leithen en espérant qu'elles soient plus pimentées que celle-ci.
NéO - Le Miroir Obscur - 1979
