J’aime assez la façon dont Richard Matheson aborde le thème du fantôme. Une approche plus psychologique que spectaculaire qui nous fait hésiter un temps avant de reconnaître la présence du surnaturel. Ainsi, dans ce roman, l’esprit cartésien demeure longtemps indécis et partagé entre deux explications : pur esprit ou projection des fantasmes d’un quadragénaire, fantôme ou délire né d’un sentiment de culpabilité ?
Finalement, c’est l’auteur qui, délibérément, met fin au suspense pour nous brosser le portrait diabolique d’un esprit, certes désincarné, mais qui aspire à goutter encore aux plaisirs de la chair. Ces plaisirs sont d’ailleurs abondamment illustrés et donnent lieu à quelques scènes très chaudes et particulièrement explicites !
L’autre intérêt de ce roman réside dans la peinture très réaliste d’un couple au bord de la rupture. Tout y est : les aspirations différentes et parfois contraires d’un homme et d’une femme, les non-dits, les ressentiments et même les pathétiques tentatives de réconciliation sur l’oreiller.
Après « Echos », Matheson signe donc une nouvelle réussite dans le domaine du fantastique et des histoires de fantômes et de possession.
Denoël - Présence du Fantastique - 1990

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