Bien qu’ayant été écrit au début des années 80 et s’inspirant sans doute de la guerre du Liban, ce roman m’a fait penser à la lutte que se livrent Israël, le Hamas et le Hezbollah à Gaza et en Cisjordanie. On y trouve en effet bien des similitudes avec le contexte géographique et politique de ces territoires qui subissent depuis si longtemps la guerre et toutes ses vicissitudes.
Jean-Louis Hubert fait parfaitement ressentir l’absurdité d’un conflit dans lequel les idéologies sont détournées, les alliances incertaines et dont la seule utilité est le renforcement ou l’affaiblissement du pouvoir de quelques dirigeants. Ceci est particulièrement visible dans la description de la ville dévastée où divers groupes s’affrontent pour la maîtrise d’une rue ou d’un pâté de maisons.
Il sait aussi rendre compte de l’âpreté des combats et de la disparition de tout sentiment humain au profit d’un professionnalisme aveugle. Hommes et femmes ne sont plus que des cibles qu’il convient d’abattre par n’importe quel moyen, autorisé ou pas. L’auteur brocarde au passage l’inefficacité et l’hypocrisie des accords internationaux et notamment ceux qui s’attachent à prohiber certaines armes. Ici, en l’absence d’armes à feu, les combattants s’étripent à l’arme blanche et finissent malgré tout par recourir aux « armes censurées ». Et on comprend qu’elles l’aient été, car les effets de la « corrosine » et autres « tortillons vivaces » font froid dans le dos.
« Scènes de guerre civile » est un roman qui ne brille peut-être pas par la complexité de son intrigue (l’histoire toute entière tient dans son titre) mais qui constitue néanmoins un excellent exemple de politique fiction assez pessimiste quant aux penchants de l’espèce humaine.
Le Liban hier, Gaza aujourd'hui, et demain... Maldora ?
Opta - Galaxie-Bis - 1982

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