LE FIN DU REVE - PHILIP WYLIE
LES PIERRES SAUVAGES - FERNAND POUILLON
"Comme tout se termine en bilan, je laisse ce cahier de petits faits, de personnages. Il résume l'histoire de la naissance d'une abbaye". Ces mots que Fernand Pouillon place sous la plume de son personnage définissent parfaitement le contenu de son roman. Grâce au témoignage d'un maître d'œuvre, nous assistons à l'édification de l'abbaye du Thoronet dans l'arrière-pays provençal. Nous découvrons avec lui les difficultés techniques, financières ou humaines qu'il faut aplanir jour après jour. Nous voyons vivre et grandir la petite communauté religieuse au fil des saisons. L'été sous le soleil et dans la poussière, l'automne qui gonfle les rivières et provoque des inondations, l'hiver qui engourdit tout un chacun...et nous assistons à ces milles et un menus faits qui font la vie de ce chantier.
Ce roman est aussi un vibrant hommage au petit monde des artisans : Paul le tailleur de pierre, un fort en gueule aux opinions bien arrêtées, Joseph le maître potier fier de son art et un peu porté sur la bouteille, mais également la foule des anonymes, frères convers, manœuvres et paysans.
VISITEURS D'APOCALYPSE - JEAN-PIERRE ANDREVON
Lorsqu'il écrit ce livre en 1990, Jean-Pierre Andrevon compte déjà à son actif un grand nombre de récits post apocalyptiques, romans ou nouvelles. Dans ces conditions, pouvais-je raisonnablement espérer un peu de neuf de sa part dans ce genre qu'il a évoqué à tant de reprises ? Sans doute, puisqu'il s'agit d'un thème qui offre de vastes perspectives et dans lequel il s'est encore illustré par la suite et jusqu'à tout récemment avec « Avant le dernier jour ».
Avec ce roman toutefois, la surprise n'est pas au rendez-vous et les mésaventures de sa poignée de français moyens ont un côté « déjà lu » très marqué. Les circonstances de leur survie, leur errance dans une France déserte, les mauvaises rencontres (chiens, rats ou bandes armées) sont certes bien rendues mais ne sont pas franchement originales, loin s'en faut. Il y a bien quelques jolies séquences telles l'attente au fond d'une grotte, dans l'obscurité totale et l'incertitude quant aux évènements du dehors ou une superbe scène d'agapes dans un hypermarché, mais cela ne suffit pas à le démarquer de bon nombre de récits du genre.
Malgré tout, ce roman ne manque pas d'intérêt. Jean-Pierre Andrevon a assez de métier pour entretenir ce qu'il faut de suspens et nous entraîner à la suite de ses personnages. Des personnages qui forment un joli panel de notre société et qui, malgré la minceur du livre, bénéficient d'un traitement en profondeur. Leurs sentiments, crainte, désespoir, désirs, petites et grandes lâchetés nous sont dévoilés au fil du récit et lui apportent un "plus" certain. Et puis il y a la révélation finale qui, j'en suis sûr, en surprendra plus d'un ! Car si l'on s'attend bien à ce que l'histoire ne se termine pas avec du champagne et des confettis, la noirceur de la chute n'en est pas moins étonnante et m'a fait songer au "Génocides" de Thomas Disch. Alors, malgré un scénario un peu trop classique, « Visiteurs d'apocalypse » est un petit roman très recommandable que vous lirez d'une traite !
Fleuve Noir Anticipation - 1990
LE COCHONS SONT LACHES - FREDERIC DARD
Je viens de lire mon premier San-Antonio. "Les cochons sont lâchés" que ça s'appelle. Eh ben mes cadets, y'a pas qu'les cochons qui se sont lâchés ! L'auteur aussi a ouvert les vannes. En grand. Résultat : trois cent douze pages en dessous de la ceinture. Remarque, il ne nous prend pas en traître le Fredo. Il annonce même la couleur en quatrième de couv' : "Si un jour on te demande quel est le plus gaulois des San-Antonio, le plus vert, le plus salingue, le plus rabelaisien, le plus scatologique, le plus grivois, le plus too much, réponds sans hésiter que c'est "Les cochons sont lâchés".
Alors pour le coup, y'a pas tromperie sur la marchandise. exception faite d'une ch'tite enquête sur une histoire de captation d'héritage, il n'est question que de cul, de ce qu'on peut y mettre et de ce qui en sort. En voiture ou en avion, par devant ou par derrière, en couple ou à plusieurs, ça ne fait que copuler. Ça ramone, ça cunilingue et ça turlute, avec un Bérurier en chef d'orchestre qui fait feu de tout bois grâce à sa braguette magique. Et quand ça baise pas, ça chie ! Et cette fois, c'est Pinochet qui s'y colle. Le vieux débris a des ennuis gastriques. Ca s'entend, ça se sent et ça se voit. Concerts de pets, flatulences nauséabondes et explosions diarrhéiques. Le bruit, l'odeur et même l'image. En couleur et en 3D.
La forme est complètement raccord avec le fond. Argot de Titi parisien, jeux de mots lourdingues, onomatopées explicites, orthographe approximative, c'est un florilège de truculence et d'humour qui tâche. C'est pas que ça me gêne et même, par moment, je m'suis copieusement poilé. Mais ce fader cette gymnastique linguistique sur trois cent pages, ça use !
Porno et scato, ce 148ème San-A n'est sans doute pas représentatif de l'oeuvre monumentale de Monsieur Dard. Faudra donc que j'y retourne, histoire de me faire une idée plus précise du machin. Et comme c'est pas le choix qui manque...
Fleuve Noir - San Antonio - 1991
LE JOUR DE L'ENFANT TUEUR - PIERRE PELOT
NOTRE CHAIR DISPARUE - G. MORRIS
KALLOCAINE - KARIN BOYE
HEYOKA WAKAN - JEAN-LOUIS LE MAY
OEDIPE ROI - DIDIER LAMAISON
Sur la couverture de ce roman il est indiqué "Traduit du mythe par Didier Lamaison". Une façon pour l'auteur de faire preuve de modestie et de s'éclipser derrière le célèbre mythe d'Œdipe. Il faut dire que passer derrière Sophocle pour nous conter la triste histoire de ce roi parricide et incestueux relève de la gageure. Mais, à la différence du grand tragédien, il ne s'agit pas ici de théâtre mais d'une enquête policière, d'où la présence de ce livre dans la série noire.
Et c'est Oedipe lui-même qui joue les détectives pour confondre les meurtriers de Laios, le roi auquel il a succédé. Son enquête est bien sûr un peu particulière puisqu'il interroge aussi bien les témoins oculaires que les devins mais surtout parce que l'assassin qu'il recherche n'est autre que lui-même ! Cela nous donne en tout cas l'occasion de nous replonger dans ce classique grec auquel l'approche originale de l'auteur donne un petit coup de jeune. Le résultat en est vraiment sympathique, plus facile d'accès que la pièce de théâtre et cependant très respectueux de son illustre prédécesseur. J'en retiendrais plus particulièrement les dialogues entre Oedipe et Tirésias que j'ai trouvé forts savoureux.
Gallimard - Série Noire - 1994
LA VOIE DU CYGNE - LAURENT KLOETZER
Cela fait bien longtemps que je ne m'aventure plus qu'avec circonspection dans le domaine de la fantasy. Non qu'il s'agisse d'un genre qui me déplaise, mais j'ai été déçu par tant de tolkienneries insipides que je m'en suis progressivement éloigné. Avec ce livre de Laurent Kloetzer j'ai pourtant fait une bonne pioche. Il parvient en effet à se démarquer de la production sus-mentionnée de bien des façons. Son univers tout d'abord, fouillé, original et qui, avec son atmosphère de renaissance italienne, nous change agréablement du sempiternel background médiéval. Exit aussi la magie, la sorcellerie et autres effets de manches de vieux croûtons enchapeautés. Place à la raison et à la réflexion scientifique ! Les personnages ne disposent pas de "talents" ou de "pouvoirs" particuliers et utilisent juste leur cervelle pour tracer leur route. Ce qui ne les empêche pas d'être foutrement intéressants, Jeophras denio en tête, savant plus très jeune, grincheux mais recelant un cœur d'or, mais aussi Carline, jeune femme pleine de fougue et d'idéaux ou encore Alexis, le gavroche local.
L'intrigue est au diapason du décor. Surprenante, absolument pas manichéenne mais au contraire multiple et retorse. Elle nous est dévoilée d'une façon singulière et originale au grès de chapitres qui alternent le présent avec l'enquête de Jéophras, le passé proche et la partie de jeu de l'oie dans le palais de Jaran et enfin, l'enfance des protagonistes du crime, seize années plus tôt. Bref, trois niveaux de narration qui s'interpénètrent pour nous donner les clés du mystère.
Gallimard - Folio SF - 2001
LA CAPITAINE NILIA - PAUL D'IVOI
C'est donc avec "La capitaine Nilia" que prennent fin les incroyables aventures de Robert Lavarède en Egypte. L'occasion de renouer avec les décors déjà évoqués dans le "Cousin de Lavarède" et de voyager à nouveau le long du Nil, du Caire à Assouan, de la vallée des rois aux Alpes Abyssiniques. Les personnages aussi nous sont connus, à l'exception des frères Price et de l'énigmatique Nilia qui sont d'ailleurs les véritables héros de ce roman. En effet, si les cousins Lavarède continuent de jouer un rôle de premier plan, ce sont bien les prédictions de Nilia et les relations tendues entre Jack et John, l'un fidèle à la Grande-Bretagne et l'autre découvrant son attachement à la France, qui influent le plus sur le cours de l'histoire.
J'ai Lu - Voyages Excentriques - 1982
REQUIEM POUR DIX CERVEAUX EN FUGUE - JEAN-PIERRE ANDREVON
HORS CONTROLE - P-J HERAULT
Cela nous donne de chouettes combats entre frégates et sloops avec ce qu'il faut d'abordages et de canonnades, de sabre et de poudre. C'est très réaliste (P-J a dû pas mal se documenter sur la marine à voile du XVIIIème), c'est bourré d'action et sans temps mort avec juste une ch'tite romance pour souffler un peu entre deux combats. Par contre l'auteur recoure un peu trop facilement aux raccourcis et aux coïncidences bien pratiques. La preuve : nos héros débarquent à peine avec une cargaison à vendre qu'un jeune homme paré de toutes les qualités leur propose son aide, ils souhaitent acheter une demeure, le cousin est "agent immobilier", ils sauvent deux sœurs, elles tombent immédiatement amoureuses de nos deux compères.
Cette petite réserve mise à part, on prend toujours un plaisir naïf à suivre les aventures de Cal et à voir évoluer les habitants de la planète Vaha, même si cette incursion de Cal dans la destinée de ses "ouailles" n'est pas la plus significative et aura pour seul mérite de les doter de la banque, des chèques et du boulier. Le capitalisme est pour demain !
Alors que dire de plus sur cette épopée ? Que çà se lit toujours très bien. Oui. Que son petit côté merveilleux est bien sympathique. C'est encore vrai. Mais quand même, cela commence à ronronner dangereusement. Alors j'espère un peu plus de surprises dans le prochain épisode.
Fleuve Noir Anticipation - 1979
FUHRER PRIME TIME - JOHAN HELIOT
Sous ce titre un rien racoleur se cache un petit roman percutant et bien sympathique. Avec seulement une centaine de pages pour s'exprimer (collection Novella SF oblige) Johan Heliot ne perd pas son temps en digressions superflues. Nous sommes de suite dans le vif du sujet, catapultés à une époque où les multinationales imposent leurs règles aux États et où marketing, parts de marchés et audimat règnent en maîtres.
L'intrigue, menée tambour battant, s'avère finalement assez secondaire et sert de prétexte à une satire des programmes télés et, par ricochet, de notre société de consommation. Tout y passe. La présentatrice botoxée à outrance, les sondages d'opinion ridicules et orientés, l'absence d'éthique et la téléréalité la plus répugnante. Il y est aussi question de collusion entre élus et grands patrons et bien sûr, de clonage.
Le Rocher - Novella SF - 2005
LE CERCUEIL DE CHAIR -PASCAL FRANCAIX
Malgré quelques scènes morbides et repoussantes à souhait, ce tout petit roman m'a déçu par son manque de cohésion. Je n'y ai vu qu'une succession de tableaux qui se veulent percutants mais qui n'ont malheureusement rien de très neufs. Une scène de spiritisme, une cérémonie impie dans une église, une violation de sépulture et pour finir un exorcisme un peu particulier, il n'y a pas vraiment là de quoi fouetter un chat, même noir.
Et puis cette manie de vouloir utiliser à tout prix des mots rares ou compliqués ! On ne compte plus les «térébrant», «vastitude», «intrados» et autres «ébrasements». Je conçois que l’auteur ait à cœur d’utiliser le mot juste, mais le plus souvent, cela n'apporte rien au récit et alourdit au contraire la narration. Mais soyons tout de même indulgent puisqu'il s'agit (dixit la 4ème de couverture,) d'un premier roman et retenons surtout sa description d’un nord pluvieux et cafardeux que n’aurait pas désavoué Jean Ray.
Fleuve Noir - Frayeur - 1995
QUAND L'URANIUM VINT A MANQUER - B. R. BRUSS
La première, de loin la meilleure, est centré sur le conflit qui oppose Brazal et Martem pour la possession d'un astéroïde riche en uranium. Bruss a construit très habilement son intrigue en nous plaçant tout à tour aux côtés de chacun des belligérants. Ce faisant, il nous permet d'appréhender les motivations des deux camps et de réaliser qu’il n’existe ni bon ni méchant, juste des hommes et des femmes contraints d’agir pour assurer leur survie. C’est donc une guerre absurde car sans espoir qui se profile et qui nous semble d’autant plus regrettable que nous avons appris à apprécier les combattants de chaque camp.
La seconde moitié du roman est plus terne. Une partie des belligérants est kidnappée par de mystérieux extra-terrestres et emmenée en captivité sur un satellite d'Uranus. La découverte de leur nouvel environnement, de leurs ravisseurs et des motivations de ces derniers, sans être déplaisante, est passablement ennuyeuse. Quant à la fin du récit, elle m'a laissé un tantinet songeur. Si j'ai apprécié que l'auteur n'ait pas opté pour le happy-end auquel on s'attendait, j'ai été moins séduit par le retour au bercail de nos sympathiques humains et leur redécouverte de la vie pastorale. Difficile en effet d'imaginer que des hommes et des femme habitués à courir les étoiles puissent s'épanouir dans le tressage de l'osier ou le filage de la laine !
Fleuve Noir Anticipation - 1968
LE CYCLE DE TSCHAÎ - JACK VANCE
Mais il y a aussi quantité de seconds rôles qui apportent de l’épaisseur à l’histoire et font vivre tous ces lieux enchanteurs. J’ai ainsi pris plaisir à détester l’abominable Aïla Woudiver qui jouera plus d’un mauvais tour à notre héros ou à m’agacer du mercantilisme de Zarfo Detwiler le sympathique mais ô combien intéressé technicien lokhar. Je pense encore à Ylin-Ylan, la fleur de Cath qui sombrera dans la folie de l’Awaile, à son compatriote Dordolio Or et Cornaline le gandin insupportablement arrogant, à Baojian, à Artilo, à Cauch et tant d’autres.
Alors, si d’aucun hésitent encore à se lancer à l’assaut de ces quatre volumes, qu’ils se rassurent, le temps passe bien vite en compagnie d’Adam et de ses compagnons. Beaucoup trop vite !
J'ai Lu - Science-Fiction - 2001
UN BON CRU - PETER MAYLE
J'avais jusqu'à présent volontairement dédaigné les romans de cet anglais lubéronophile qui me semblaient écrits pour ses compatriotes, curieux de découvrir la Provence et les petits travers des méridionaux. En cela je ne m'étais qu'à moitié trompé. Malgré sa connaissance de la France, Peter Mayle ne parvient pas à s'affranchir des préventions des britanniques à l'égard des grenouilles. Il nous dépeint comme d'impénitents séducteurs, esclaves de leur estomac et un tantinet paresseux ou bien comme de dangereux chauffards doublés d'affreux exhibitionnistes dont l'haleine empeste l'ail. Quant à notre pays, il prend sous sa plume des allures de tiers monde. Une contrée où il fait certes beau et chaud mais dans lequel il faut renoncer au confort de la vie moderne.
Nil Editions - Points - 2006
NOTRE-DAME DES TENEBRES - FRITZ LEIBER
HOMO DIVISUS - KONRAD FIALKOWSKI
LE FIN DU REVE - PHILIP WYLIE
En 2023, l'humanité est au bord de l'extinction et les quelques communautés encore organisée qui subsistent de par le monde tentent ...
-
Pour Tom Wallace et son épouse, tout pourrait aller pour le mieux. Ils viennent d'emménager dans un joli pavillon de banlieue, Tom à un ...
-
Pavane est un parfait exemple de roman uchronique. C'est même l'un des textes fondateurs de ce genre particulier qui s'exprime a...
-
Les histoires de doubles maléfiques sont des classiques de la littérature fantastique. Dostoïevsky, Stevenson et bien d'autres s'y s...


















